Un cinquième Grand Chelem en Chine ?

Comme chaque année, la saison asiatique de tennis est l’occasion de relancer le débat sur la création d’un futur Grand Chelem en Chine. Rêve ou réalité ?

Les nouvelles provenant d’Australie ont de quoi rassurer les amateurs de tennis : le premier Grand Chelem de la saison restera bien à Melbourne dans les années à venir. Les organisateurs ont annoncé des réaménagements à hauteur de 363 millions de dollars, ainsi que l’installation de l’arbitrage vidéo sur un troisième court (la Margaret Court Arena) ; la prochaine édition du tournoi sera elle, dotée de 19 600 000 millions de dollars, un record dans l’histoire du tennis. Le statut de tournoi du Grand Chelem ne semble plus menacé, le contrat (qui expire en 2016) étant renouvelé.

Les critiques pleuvaient en effet sur le tournoi majeur australien depuis quelques temps : dans les années 1980, les installations vieillissantes de Kooyong étaient pointées du doigt ; sous la menace de l’Allemagne, qui désirait posséder son Grand Chelem, les organisateurs se sont finalement tournés vers Melbourne. Des critiques qui sont revenues en 2007 : équipements de nouveau vieillissants, surface remise en question par plusieurs joueurs (le Rebound Ace fut remplacé par le Plexicushion en 2008), météo peu clémente et hooliganisme. La menace d’une délocalisation du tournoi planait alors au-dessus de Melbourne.

L’annonce des futurs changements qui vont être opérés à l’Open d’Australie sonne comme une réponse cinglante à la Chine, candidate à l’organisation d’un Grand Chelem. Les deux tournois qui ont lieu en Chine – à Pékin la semaine dernière et à Shanghai cette semaine – impressionnent tous les observateurs et ont relancé le débat sur la tenue d’un éventuel cinquième tournoi majeur dans le pays.

Des infrastructures gigantesques, un budget important et un marché de plus d’un milliard de personnes

L’Open de Chine, qui accueille le tournoi masculin et féminin (ATP 500 et WTA Premier), se déroule notamment sur le court ayant accueilli les Jeux Olympiques (« Le Lotus », avec une capacité de 10 000 places et possédant un toit rétractable) ainsi que sur un nouveau court de 15 000 places, et dont la construction aurait coûté près de 80 millions de dollars. Quant au Masters 1000 de Shanghai, il possède le plus grand complexe tennistique d’Asie, avec 40 courts dont le Qi Zhong Stadium et son toit en forme de fleurs de magnolia, qui a reçu le Masters en 2002 puis de 2005 à 2008.

Des infrastructures gigantesques, un budget tout aussi important (le prize-money du prochain tournoi de Pékin devrait par ailleurs augmenter) et un marché de plus d’un milliard de personnes font de la Chine un terrain idéal pour l’accueil d’un futur Grand Chelem. Il semble pourtant que tout cela relève de l’utopie. « Les Grands Chelems ont beaucoup de choses, mais ils ont quelque chose que vous ne pouvez pas remplacer, c’est une grande histoire et une grande tradition de 50, 100 ans », a déclaré au journal australien The Age Brad Drewett, le prochain président de l’ATP. Même son de cloche chez Ivan Ljubicic, l’ancien président du Conseil des joueurs de l’ATP. « Il y a beaucoup de courts, et les installations sont là pour être un grand tournoi. Mais le fait est que nous avons un nombre très limité de grands tournois et qu’il est très difficile d’en faire partie ».

A l’heure où les joueurs dénoncent un calendrier surchargé, il semble difficile d’imaginer la tenue d’un évènement de trois semaines en fin de saison. Et malgré la victoire de Na Li à Roland Garros en juin dernier, le tennis a encore dû mal à attirer les foules. Mais la Chine n’a pas perdu tout espoir. « Les quatre Grands Chelems sont les quatre Grands Chelems, mais je crois que ce type de tournois peuvent devenir des évènements extrêmement importants sur la scène mondiale, par le fait même qu’ils ont ces installations de classe mondiale, avec le plus grand marché du monde […] qui est une grande plateforme pour les sponsors, et ils ont le soutien de la télévision », a affirmé Brad Drewett.

Et si la menace venait finalement de l’Inde ? Avec un marché tout aussi important, le futur patron de l’ATP n’a pas caché son attirance pour ce pays, qui organise le tournoi de Chennai, en début de saison. « L’Inde est un énorme marché potentiel pour le sport. La façon dont je le vois, l’Inde peut accueillir deux tournois du circuit ATP ». Les discussions autour d’un nouveau Grand Chelem n’ont pas fini d’agiter le monde du tennis.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Pas de description

Retrouvez Carnet Sport sur

Pour votre iPhone & iPad

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter