Tsonga, six pieds sous terre
La défaite prématurée de Tsonga au tournoi de Munich face au revenant Haas suscite des interrogations sur son réel niveau sur terre battue. Présentation des raisons du désamour du numéro 1 français pour la surface ocre.
- Par B. Beguerie
- Mercredi 09 mai
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Pour le grand public, Jo-Wilfried Tsonga, c’est l’épopée à l’Open d’Australie en 2008 ou bien la remontée fantastique contre Federer en quart de finale à Wimbledon en 2011. Par contre sur terre battue, le n°5 mondial n’a pas encore réussi à faire l’exploit. Pire, il n’a jamais battu de Top 10 sur cette surface. Alors, syndrome Mauresmo (qui équivaut à ne pas être performant à Roland-Garros) ou réelle difficulté d’adaptation à la terre battue ?
Il faut d’abord savoir que la terre battue n’est pas la surface la plus appropriée pour son jeu, basé sur la puissance, que ce soit sur son service ou son coup droit. Sur la terre, ses frappes sèches font moins mal que les lifts des Espagnols et son service est ralenti. Du coup, les contreurs, comme Gilles Simon, qui savent bien retourner, sont privilégiés. Second problème : les déplacements. Le Manceau a certes progressé dans son jeu de jambes mais reste loin des meilleurs. Par ailleurs, la volée, autre domaine dans lequel il s’est montré convainquant ces derniers mois, lui est moins utile sur terre où les adeptes du service-volée ont du mal.
Il est donc clair que la terre battue n’est pas son terrain de jeu favori. On peut toutefois se demander pourquoi il n’est pas performant alors qu’Isner, qui possède à peu près les défauts et qualités que le Français, peut réussir à prendre deux sets à Nadal à Roland-Garros (en 2011). Là, c’est le déficit de confiance du Français sur cette surface qui peut jouer. Tsonga n’a en effet jamais dépassé les huitièmes de finale à Roland-Garros et les quarts des Masters 1000 disputés sur terre battue, alors qu’il a souvent rencontré des adversaires à sa portée : Stanislas Wawrinka à Roland-Garros en 2011, Gilles Simon à Monte-Carlo en 2012… Mais s’il a eu du mal à franchir ces caps, c’est aussi parce qu’il avait perdu beaucoup d’énergie lors des premiers tours. Tsonga a la mauvaise habitude de passer beaucoup trop de temps sur les courts face à des joueurs qui lui sont inférieurs. Récemment, il a ainsi lâché un set à Ryan Harrison qu’il dominait pourtant largement.
Le verdict est donc sans appel : plus qu’un simple syndrome, Tsonga n’est pas adapté à la terre battue. Pour conjurer le sort, il pourrait faire appel à des spécialistes de la surface comme l’avait fait Andy Murray avec Alex Corretja jusqu’en 2008. Ou compter sur un déclic… Peut-être durant cette semaine à Madrid, où il bénéficie d’un tableau plutôt clément jusqu’en quart de finale. Il y rencontrerait alors sans doute le vainqueur de l’affiche Del Potro-Isner avant de défier le grand favori du tournoi, Rafael Nadal, en cas de victoire.
A lire sur cette fameuse surface ocre : Les spécificités du jeu sur terre battue, par Loïc Espitalier-Noël. A lire aussi, sur le tournoi de Madrid : Le bleu de Madrid donne le Blues aux joueurs par Emmanuelle.M
Etudiant en droit, supporter des Girondins de Bordeaux et partisan d'une forte Europa League-Couteau suisse de Carnet Sport (foot, tennis, F1, cyclisme et plus encore)








Toujours compliqué pour lui la terre battue, l’occasion de rompre le sort jusqu’en quart de finale et pourquoi pas faire de gros match…
Espérons que le français ira loin dans la compétition
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