Voeckler : ange et démon

Adoré par beaucoup, critiqué par certains, Thomas Voeckler divise dans le petit monde de la bicyclette. A tout juste 33 ans, « Ti-Blanc » possède un palmarès long comme le bras. Double champion de France et avec 20 jours en jaune sur le Tour, Voeckler est devenu le chouchou du public mais ne fait pas l’unanimité dans le peloton. Portrait d’un homme, entre ange et démon.

Professionnel depuis 2001, Thomas Voeckler a étoffé son palmarès au fil des années. Pourtant, aujourd’hui, il est loin de faire l’unanimité dans le peloton, surtout auprès des jeunes cyclistes. Au soir de sa victoire à Bellegarde-sur-Valserine, quelques critiques ont fleuri à l’encontre du puncheur alsacien. Car depuis qu’il court, Thomas Voeckler s’est fait connaître à la fois par ses talents sur un vélo que par ses talents de comédien.

Voeckler, l’acteur qui déplait

Lorsqu’il se donne à fond, le coureur d’Europcar le montre. Toute langue dehors et emmenant un braquet démesuré, Voeckler fait le spectacle, de ceux qui déplaisent à certains amoureux du cyclisme. Ce désamour pour Voeckler s’accentue lorsque ce dernier se retrouve blessé. Quelque peu victime de son succès, « Ti-Blanc » se retrouve assailli par les journalistes, qui font de sa santé une véritable saga. Blessé ? Pas blessé ? Abandonnera ? Abandonnera pas ? Si ces feuilletons peuvent renforcer l’admiration du public, ils agacent aussi les spécialistes qui en ont marre d’entendre parler des petits bobos du « Grand » Voeckler. Imposteur, bluffeur, énervant, lassant… Les adjectifs pour le qualifier pleuvent rapidement dans ces conditions. Et pourtant, malgré toutes ces critiques, Voeckler continue de séduire.

Voeckler, le chouchou du public français

Quand vient s’amasser le public sur le bord de la route, et que le nom d’un coureur français doit ressortir, celui de Voeckler doit frôler le monopole. Ceux qui regardent le cyclisme uniquement en juillet peuvent être sûrs qu’ils ne manqueront pas le traditionnel numéro de Thomas Voeckler, qui plus est quand ce dernier vient à porter le maillot jaune de façon héroïque. En 2004 et en 2011, le coureur est allé au bout de lui-même afin de défendre sa tunique de leader, entrant dans les mémoires de tous les suiveurs du Tour de France. « Ti-Blanc » a marqué le Tour par ses performances et le public sait le lui rappeler. Autographes et photos rythment le quotidien du champion qu’est devenu Voeckler, après onze années de professionnalisme.

Ce qui est cher au public français, c’est aussi de voir le champion national honorer son maillot tricolore. Alors, lorsque Thomas Voeckler a conquis le titre national, il n’a pas fait de figuration. En entreprenant plusieurs raids dont il a le secret, maillot tricolore sur les épaules, Voeckler ne pouvait que s’attirer la sympathie de la foule. Plus loin des caméras, le respect envers Voeckler est aussi dû à sa fidélité vis-à-vis de son équipe. Depuis l’époque Bonjour en 2001, il a toujours été fidèle à son manager général, Jean-René Bernaudeau. Après le départ de Bouygues-Telecom en 2010, Voeckler s’est accroché à ce dernier et ce, jusqu’au dernier instant. Cette fidélité correspond bien à la mentalité du personnage qui, au-delà de son attitude sur le vélo, reste respectueux de certaines valeurs.

Lorsqu’il gagne, Voeckler renforce son image de chouchou du public mais accentue aussi le désamour de ses collègues. Mais le sport cycliste, trop souvent terni par les affaires de dopage, ne se tire-il pas une balle dans le pied en critiquant l’un de ses plus grands champions ? Et si la jalousie n’était pas la seule responsable de cette antipathie envers le coureur alsacien ? Après tout, si certains l’admirent, beaucoup de ces détracteurs aimeraient sans doute pouvoir se targuer de posséder un palmarès aussi étoffé que le sien. Quoi qu’il en soit, Voeckler n’accorde aucunes importance à ce qui se dit et continuera sa « comédie », qui fait partie de son caractère. Tant que cela ne l’empêche pas de gagner, ce n’est pas moi qui lui interdirait de la faire ! Et pour finir, laissons la dernière phrase à Jens Voigt, échappé et battu dans le final par le Français aujourd’hui : « Voeckler, un vrai champion. »

  1. avatar
    11 juillet 2012 a 22 h 33 min

    Le bluff, ça fait partie du vélo, et ce depuis bien longtemps… Qu’en pense Hinault, par exemple ? Voeckler coure avec ses armes, et sa roublardise en est une magnifique. Mieux vaut un coureur aussi tacticien qu’un Sylvain Chavanel qui fait trop souvent les plus mauvais choix…

  2. 12 juillet 2012 a 11 h 28 min

    Finalement il a réussi a gagné une étape, et peut jouer les troubles fêtes pour le maillot,à pois… je trouve que c’est une excellente nouvelle de voir un français briller au Tour de France

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Lycéen cycliste souhaitant devenir journaliste sportif ! Spécialiste du cyclisme. A follow sur Twitter.

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