Sloane Stephens, l’héritière des sœurs Williams ?
Demi-finaliste à l’Open d’Australie et plus jeune joueuse du top 20, Sloane Stephens attise toutes les attentes pour succéder aux sœurs Williams au palmarès des Grands Chelems. Zoom sur une prodige issue d’une génération prometteuse.
- Par emmanuelle.m
- Jeudi 31 janvier
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Personne n’a pu échapper à la tornade Sloane Stephens, qui s’est frayée un chemin jusqu’en demi-finales du dernier Open d’Australie, battant au passage Serena Williams en quart de finale. A 19 ans, l’Américaine a réalisé bien plus qu’un exploit aux yeux du public américain. Elle s’imposerait aujourd’hui comme l’héritière des sœurs Williams. Un dur héritage à porter sur de frêles épaules pourtant habituées aux comparaisons avec la numéro trois mondiale qu’elle qualifie de « déesse du tennis ».
De l’ombre des sœurs Williams à la lumière de Roland Garros
Comme son idole, Sloane Stephens présente un jeu agressif, dont le service et le coup droit sont aussi percutants que ses déclarations à la presse. A l’instar de sa compatriote, l’adolescente affiche un caractère bien trempé, n’ayant pas hésité à remettre à sa place Gilles Simon lorsque celui-ci dénigrait l’attractivité du tennis féminin l’an dernier. Un mental en parfaite adéquation avec le « fighting spirit » de l’Oncle Sam, qui lui procure des ambitions parfois prétentieuses mais désormais réalisables. C’est ainsi qu’elle déclarait que sa victoire face à Serena Williams en quart de finale était « normale ». « J’ai travaillé si dur pour cela que ça devait arriver », confirmait-elle le sourire et le culot accrochés au visage.
Et si cette fan de mode peut aussi se vanter d’accumuler les contrats publicitaires, les victoires en tournois se font autrement plus rares. Car la comparaison avec son aînée s’arrête là : l’adolescente ne compte aucun titre WTA, alors que Serena Williams affichait déjà une victoire à l’US Open au même âge. C’est dans l’ombre de la légende que la jeune Sloane Stephens trace son parcours atypique. Repérée et programmée dès le plus jeune âge pour devenir la championne de demain, Stephens, fille d’une nageuse et d’un joueur de football américain, s’est pourtant révélée sur la terre battue. Une surface peu propice aux exploits américains ces dernières années mais qui a permis à la joueuse d’obtenir l’an passé sa première demi-finale sur le circuit principal, à Strasbourg. Avant d’enchaîner avec un premier huitième de finale, à Roland Garros.
Eviter le syndrome Oudin
Sa rapide ascension n’a pas échappé à ses adversaires, qui ne tarissent pas d’éloges sur son talent déjà perçu depuis les rangs juniors, catégorie dans laquelle elle a remporté plusieurs titres du Grand Chelem en double. Si Serena Williams prend des distances légitimes avec la prodige qu’elle qualifie modestement de « bonne joueuse », les propos de Viktoria Azarenka sont autrement plus flatteurs. « Sloane est très, très talentueuse », confirmait la Biélorusse, qui ne l’a battu en demi-finales à Melbourne qu’au terme de la sixième balle de match. « Elle a un bon potentiel. Il faut juste qu’elle mette en place des petits détails et qu’elle veuille vraiment réaliser de grandes choses ». Excès de prudence ? Il est vrai qu’après la révélation, la confirmation se fait parfois attendre.
Les exploits de Stephens s’inscrivent dans la lignée de résultats prometteurs de la jeune génération dorée américaine. Avec ses compagnes de jeu Christina McHale, Madison Keys ou encore Melanie Oudin, elle fait figure d’étoile montante de l’Amérique prête à succéder aux sœurs Williams. L’emballement médiatique qui entoure son excellent résultat australien est la meilleure expression de l’attente qui pèse sur ces jeunes joueuses. Une prophétie qui peut devenir un piège, à l’instar de Melanie Oudin dont on espère toujours la confirmation de son quart de finale à l’US Open, en 2009. Sloane Stephens peut néanmoins se satisfaire d’être la plus jeune pensionnaire du top 20. Un classement qui lui ouvrira peut-être la porte vers une prochaine victoire en tournoi, qui se fait déjà attendre.







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