Rui Costa vainqueur au courage

Durant ces neuf jours, le Tour de Suisse nous a surpris d’étape en étape. Tout d’abord avec la victoire de Sagan sur le chrono inaugural devant Cancellara, puis celle de Rui Costa à Verbier devant Schleck. Mais ensuite, le Slovaque a continué de nous impressionner en raflant trois autres étapes. Enfin, Cancellara a été battu une seconde fois en une semaine sur une épreuve chronométrée avant qu’au terme d’un week-end compliqué, le Portugais Costa conserve sa place de leader pour quelques secondes.

Rui Costa, courageux, peu savourer

Parmi les favoris, on citait Frank Schleck, Robert Gesink, Levi Leipheimer, Roman Kreuziger ou encore Alejandro Valverde, mais en aucun cas Rui Alberto Costa. Et pourtant, le Portugais était bien le meilleur à Verbier lors de la deuxième étape. Revenant sur Frank Schleck, il le déposa dans les derniers mètres pour s’imposer de belle manière et ainsi prendre le maillot de leader. Une tunique jaune que le coureur de la Movistar ne lâchera plus. Mais pour en arriver là, il a fallu batailler. Toute la formation espagnole s’est mise au service de son équipier devenu leader.

Ce week-end, lors des deux étapes les plus difficiles, on a même pu voir Alejandro Valverde, l’un des outsiders du prochain Tour de France, se mettre au service de Rui Costa. L’ancien numéro un mondial n’a pas rechigné et était prêt à tout pour son équipe. Cela a permis au Portugais de conserver sa place de leader jusqu’au bout malgré les tentatives de Frank Schleck, Mikel Nieve ou Steven Kruijswijk de le déposséder de son paletot jaune. C’est donc au courage que Rui Costa est allé chercher cette victoire de prestige, sa première depuis la saison dernière et le GP de Montréal.

Radioshack, la poisse…

Deuxième. C’est à trois reprises la place d’un coureur de la formation luxembourgeoise sur ce Tour de Suisse. Fabian Cancellara a terminé à cette seconde place sur le premier contre-la-montre, derrière Peter Sagan, puis dans le second, devant céder la victoire pour deux secondes au Suédois Kessiakoff. Mais c’est aussi Frank Schleck, malgré toute sa bonne volonté, qui fut battu par Rui Costa en haut de Verbier. Durant toute la semaine, l’aîné de la fratrie aura tenté de refaire son retard. En vain, il termine 2e de ce Tour de Suisse. Une place très frustrante qui semble coller à la peau des hommes de Johan Bruyneel.

Pourtant, à l’image de Frank Schleck, l’équipe a tenté. A Verbier, c’est le Luxembourgeois qui avait lancé les hostilités à 6 kilomètres du sommet. Ce dimanche encore, c’est lui qui est parti à 45 kilomètres de la ligne dans le but de reprendre le maillot jaune. Cependant, personne n’a osé le suivre, jugeant sa tentative suicidaire. Finalement, il n’a pas manqué grand chose au troisième du dernier Tour de France pour entamer la dernière bosse quelques secondes devant Rui Costa, ce qui lui aurait surement permis de réussir son coup… Toutefois, Schleck a rassuré en vue du Tour de France. On ne sait pas s’il pourra tenir trois semaines avec sa participation – certes écourtée – au Giro mais c’est tout de même encourageant pour une formation en manque de résultats.

Sagan puissance 4

Le contre-la-montre inaugural dans la poche, Peter Sagan avait en réalité fait le plus difficile. Par la suite, il s’est permis de remporter trois étapes de plaines. Très polyvalent, on connaît désormais bien le jeune Slovaque. Et pourtant, il continue de nous étonner par sa faculté à gagner en masse. Sur le Tour de Californie, il avait remporté les quatre premières étapes. Il aurait pu battre ce score avec une victoire supplémentaire mais lors de la quatrième étape, il a accepté de laisser les échappées se disputer la victoire.

Gentleman, le Sagan ! Au final, le coureur de la Liquigas a fait très forte impression. Grâce à une grosse équipe autour de lui, certes, mais surtout grâce à son talent hors norme. Au moment où nous apprenons de nombreux forfaits pour le prochain Tour de France, savoir que cette pépite du cyclisme mondial disputera la Grande Boucle est une réjouissance. Et s’il est aussi bon dans un mois, les sprinteurs expérimentés risquent de s’arracher les cheveux en le voyant dominer le peloton sans gêne, sans scrupule.

Tout cela permet de faire monter la pression autour du grand départ de Liège dans moins de deux semaines. Et c’est sur, on retrouvera un grand nombre des hommes qui ont fait de ce Tour de Suisse une épreuve très agréable à suivre.

Robin Watt

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