France-Italie : la victoire sans convaincre
La France lançait son Tournoi ce samedi contre l’Italie de Jacques Brunel. Les Bleus avaient pour objectif la victoire, mais aussi la manière, contre des Italiens encore auréolés de leur victoire sur la France à Rome en mars dernier et d’une Coupe du Monde où ils sont passés tout près des quarts de finale. Retour sur une victoire difficile à se dessiner, dans un match où les Bleus ont longtemps balbutié leur rugby.
On attendait de l’équipe de France qu’elle maîtrise son sujet et qu’elle gagne. La sélection italienne, toujours en pleine progression, étrennait elle son nouveau staff présidé par Jacques Brunel. Forte d’un gros paquet d’avants et d’une mêlée très puissante, l’Italie venait à Paris avec des ambitions, et une équipe rajeunie très prometteuse. Le Stade de France, bien garni, accueillait ses héros de la Coupe du Monde dans une bonne ambiance de début de tournoi.
L’entame du match est tout de même italienne. Les dix premières minutes voient la Squadra monopoliser le ballon et enchaîner les temps de jeu, sans pour autant déséquilibrer une bonne défense française. Le premier ballon rendu par les Italiens entraîne une relance de 60 mètres du Clermontois Julzien Malzieu, qui se termine sur une faute italienne et une pénalité réussie par Dimitri Yachvili. 3-0 pour les Bleus et c’est alors plutôt bien payé. Les Italiens ne se découragent pas et remettent la main sur le cuir, égalisant sur un drop de leur ouvreur Burton à la 18ème minute.
Jusque-là plutôt dominés dans le jeu, les Bleus finissent enfin par prendre l’initiative pour la première fois du match sur une action construite. A la 20ème minute, après plusieurs temps de jeu, Trinh-Duc passe au centre pour Aurélien Rougerie lancé entre les avants italiens, qui inscrit le premier essai français du match, son 23ème en bleu. Yachvili transforme, et la France mène 10-3. Plutôt réalistes, les Français sont tout de même bien chahutés devant par les Italiens qui dominent en mêlée et continuent leur travail de sape, inscrivant trois nouveaux points par Burton. A la 28ème, les Français ne mènent plus que 10-6.
Le match tend à s’équilibrer un peu, et malgré plusieurs ballons rendus au pied par François Trinh-Duc, les Italiens ne parviennent pas à marquer de nouveau. Au contraire, suite à une mêlée introduction italienne, la poussée française permet à Louis Picamoles de chiper le ballon et de démarrer sur la gauche du terrain. Il avance sur 20 mètres et décale son ailier Julien Malzieu qui effectue un numéro combinant vitesse et puissance pour aller inscrire le second essai français (son 5ème en 17 sélections) après trois raffuts sur les défenseurs azzuri. L’essai non-transformé par Yachvili permet aux Bleus de mener 15 à 6 à la mi-temps après une première période, dominée physiquement par les avants italiens. Les ballons de récupération ont souri aux Français qui, à défaut de maîtriser la rencontre, sont devant et ont inscrits deux beaux essais.
La deuxième mi-temps débute de la même manière et Burton rajoute trois points sur une pénalité, ramenant les siens à 15-9. Un score qui réveille visiblement les ardeurs françaises. Les Bleus mettent enfin la main sur le ballon. Fofana impose sa densité physique, provoquant une nouvelle pénalité pour Yachvili qui la passe, portant le score à 18-9. A la 54ème, Fofana, désormais très présent, intercepte un ballon au cœur des lignes italiennes. L’action se poursuit vers Trinh-Duc qui tape à suivre pour lui-même, prolongé par Rougerie, dans les mains de Vincent Clerc qui vient conclure et inscrire son 32ème essai en équipe de France, égalant ainsi le record de son sélectionneur Philippe Saint-André. Au bord de la rupture, l’Italie voit les Français, désormais mieux dans le match, commencer à faire un peu plus de jeu. Néanmoins, celui-ci n’est pas encore huilé, et des pertes de balle viennent entacher les intentions tricolores. C’est au contraire les Italiens en contre qui manquent de revenir dans le match, empêchés par Vincent Clerc qui vient aplatir dans son en-but un coup de pied à suivre d’Andrea Masi, très en jambes cet après-midi, alors qu’il se trouvait en un contre un.
Le coaching entre ensuite en scène, à vingt minutes de la fin. Parra remplace Yachvili solide mais lent dans la sortie des ballons. Poux remplace Debaty, émoussé par son duel avec Castrogiovanni. Il s’en sera finalement pas mal sorti, malgré quelques mêlées difficiles. Imanol Harinordoquy remplace Picamoles, très présent dans l’impact. Les Italiens en profitent pour revenir à 25-12 sur une pénalité du nouvel entrant Botes.
Côté français, la paire de centres auvergnate -la première de l’histoire- impose sa puissance, et est très en vue. A la 70ème, Fofana est récompensé par un essai en bout de ligne. Suite à une touche française dans les cinq mètres italiens, le paquet d’avants bleu avance et échoue à un mètre de l’en-but, Parra tente de dynamiser le jeu en sortant le ballon et décale son coéquipier de club qui raffute son vis-à-vis et aplatit pour son premier essai international, non transformé par Parra en coin. Le score est de 30-12. Les italiens à 14, suite à un carton jaune à Geldenhuys pour avoir écroulé volontairement le maul, subissent en cette fin de match… D’autres changements interviennent, Beauxis et Mermoz remplacent Trinh-Duc et Rougerie. La partie se termine sur une grosse séquence italienne, avec un Sergio Parisse, énorme aujourd’hui, qui avance à chaque impact. La défense française fait bonne garde et résiste tant bien que mal aux assauts italiens, même à 14. Le score ne bougera plus et les Français remportent donc leur premier match de ce tournoi 2012, sans avoir réellement maîtrisé leur adversaire mais en ayant été à l’essentiel en inscrivant tout de même quatre essais. De plus, la seconde mi-temps a semblé plus intéressante sur le plan collectif, les Bleus ont mieux utilisé le ballon et ont été plus tranchants.
Les points négatifs de cette rencontre sont à trouver dans la maîtrise collective globale. Les Italiens ont plutôt dominé ce match dans l’occupation, voire la conservation du ballon et l’on doit les essais à des actions sur une passe ou des exploits individuels. On attendait sans doute un peu plus dans la conservation du ballon afin d’avoir le sentiment qu’un projet se mette en place. Cependant, le peu de vécu du staff avec ce groupe et l’intégration de nouveaux joueurs rendaient cette cohésion collective plus difficile à atteindre dès ce premier match du tournoi.
A retenir de positif : une grosse défense française, qui a contenu les attaques italiennes en début et fin de match et qui a poussé la Squadra à la faute. Les quatre essais français ont été inscrits par des arrières plutôt en cannes, et le moins que l’on puisse dire c’est que les Clermontois, auteurs de trois des quatre essais (Rougerie, Malzieu et Fofana) n’ont pas usurpé leur place. Vincent Clerc égale le record du « Goret » et se place comme l’ailier français le plus régulier de ces dernières années. Côté négatif, les points se retrouvent donc dans dans la gestion collective de la partie, plus qu’au niveau de faillites individuelles. On peut donc se dire que ce n’est qu’un début et que les bases sont saines, d’autant plus que la victoire est au bout, ce qui prouve une certaine marge de manoeuvre.
Cette semaine sera importante pour le XV de France, qui doit affronter l’Irlande samedi prochain. L’adversaire sera plus corsé que les Italiens, et les Bleus devront montrer plus de cohérence offensive, avec une défense similaire pour ne pas subir de revers contre le XV du Trèfle.









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