La renaissance de Steed Malbranque
A 32 ans, Steed Malbranque est actuellement le patron du milieu de l'OL et un des meilleurs relayeurs de Ligue 1. Pourtant, il y a un an, le Franco-Belge sortait des radars du football par la petite porte...
- Par C. Moriceau
- Samedi 13 octobre
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7 octobre 2012, le match Lorient-Lyon s’achève. Steed Malbranque a joué les 90 minutes, et comme lors des cinq journées de championnat précédentes, le Lyonnais a été quasi-parfait. Heureux comme un gamin, Malbranque semble n’avoir jamais quitté Gerland, 12 ans après son dernier match à Lyon. Mais la route du retour fut longue pour Steed…
Saint-Etienne : la chute
Après plus de 300 matches en Premier League ponctués par 3 belles saisons à Sunderland, Steed Malbranque se retrouve barré par la concurrence de Stephane Sessegnon, David Vaughan et Sebastian Larsson. Soucieux d’avoir du temps de jeu, il s’engage à Saint-Etienne pour 2 ans à l’été 2011.
L’épisode stéphanois ne se passe pas bien pour Steed. Fin Août, il veut résilier son contrat pour des raisons personnelles. Mal à l’aise à Saint-Etienne, démoli par son propre père dans la presse, Steed vit un véritable cauchemar qui aboutit la résiliation de son contrat au début du mois de septembre. Steed Malbranque a 31 ans bien tassés, une grosse carrière derrière lui, il se dit fatigué et tout semble indiquer une fin de carrière pour l’ancien lyonnais.
Un retour discret
Après un an loin des terrains, Steed Malbranque réapparait au début de l’été 2012. Il s’entraine et joue à ce moment là avec la réserve lyonnaise pour se maintenir en bonne forme physique. Un retour à la compétition parait dès lors envisageable, mais Lyon ne semble pas avoir besoin de lui. Les supporters n’y croient pas : Malbranque est sur le déclin, n’a pas joué depuis un an et n’a plus rien du petit ailier explosif qui enflammait Gerland au début des années 2000.
Les départs s’enchainent à Lyon. Källström et Pied s’en vont et laissent de la place au milieu du terrain. De son côté, Steed joue un amical face à Porto et fait bonne impression au staff lyonnais. Motivé par Bernard Lacombe, l’homme qui l’avait lancé à Lyon quand il était jeune, le natif de Mouscron s’engage finalement avec Lyon le 24 août, mais le doute sur sa capacité à apporter quelque chose subsiste. Steed est là pour faire le nombre, mais sûrement pas pour transformer l’équipe.
La renaissance sur le terrain
A la surprise générale, Malbranque est titulaire aux côtés de Gonalons pour le match contre Valenciennes début septembre. Remi Garde justifie son choix en vantant les performances du Franco-Belge à l’entrainement. Pendant 90 minutes, Steed va faire mentir tout le monde. Omniprésent à la récupération, précis dans la relance et excellent techniquement, Malbranque participe grandement à la victoire 3-2 de l’OL ce soir là. Discret, il n’accordera aucune interview d’après-match.
Malbranque sera titulaire lors des 4 journées suivantes, avec toujours le même rendement. Le milieu lyonnais s’en trouve transformé. Là où Gonalons pêchait dans la relance, Malbranque amène sa technique, libère Grenier de sa charge défensive et permet au milieu de l’OL de retrouver la solidité et la fluidité qu’il avait perdue depuis longtemps. Le résultat est clair : Lyon va bien, son jeu aussi, et Steed Malbranque donne l’impression de n’avoir jamais quitté un terrain de football. Difficile de croire que ce joueur-là a 32 ans et était au bord du gouffre il y a un an.
Apportant son expérience du haut niveau, sa puissance et son exemplarité en termes de comportement, Steed Malbranque est devenu en quelques matches un exemple pour l’effectif lyonnais et l’un des meilleurs relayeurs du championnat à l’heure actuelle.
Le retour de Steed Malbranque est une sorte de fable à la sauce football. L’histoire d’un joueur qui signe chez l’ennemi, sombre, disparaît, puis décide de revenir à la source même de sa carrière, dans le club de ses débuts. A Lyon, l’ancien ailier a retrouvé un environnement qu’il aime, un stade acquis à sa cause et surtout le plaisir de jouer. A 32 ans, Malbranque renaît dans son équipe de cœur, un club qu’il a quitté trop vite (Il n’a participé à aucun titre de l’OL), pour le plus grand bonheur des Gones. Pourvu que ça dure.









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