Le PSG peut-il tout gagner tout de suite ?
Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi, Zlatan Ibrahimovic et Marco Verratti ont signé au PSG. N'importe quel club français aurait déjà réussi son mercato avec de tels noms. Le Paris Saint-Germain aussi. Repris par les Qataris, la saison dernière, le club de la capitale est plus que jamais le grandissime favori de cette Ligue 1. L'occasion de nous demander si cette armada peut tout rafler cette saison.
La saison dernière, ils sont tombés sur une équipe de Montpellier rafraîchissante, étonnante voire même séduisante. Les Franciliens auraient pu être champions dès la première année qatarienne. Il n’en fut rien à cause de la troupe de René Girard qui a été plus forte dans les moments-clés. Longtemps, on a cru que les Héraultais allaient craquer, se saborder. Pas d’expérience, pas de vécu des sprints finaux, pas de noms ronflants. Mais un collectif bien huilé, une équipe qui se connaît sur le bout des doigts et deux facteurs X au sommet de leur art pour débloquer les matchs : Younès Belhanda et Olivier Giroud.
Le PSG (encore plus) attendu au tournant
Tout le contraire du PSG qui s’est longtemps cherché tactiquement et collectivement. Entre les percées individuelles de Nene, les performances vacillantes de Pastore ou la relative inefficacité de Gameiro, la formation parisienne a souvent bafoué son football. Une belle addition d’individualités certes mais pas de cohésion d’équipe. Le PSG a eu l’art et la manière de se mettre des bâtons dans les roues. Entre le mercato tardif (Pastore n’est utilisé qu’au second match de championnat et sera hors de forme de novembre à février) la gestion délicate du cas Kombouaré et l’arrivée de Carlo Ancelotti, le PSG ne s’est finalement trouvé qu’en fin de championnat. Les matchs contre Valenciennes (3-4), Rennes (3-0) ou encore Sochaux (6-1) ont montré que ce PSG version qatarie commençait vraiment à émerger.
Et oui, on a beau empiler les noms, rien ne remplace un vécu collectif, le poids des années. Mais le PSG n’avait pas droit à cette excuse, de par ses moyens financiers. Toujours est-il que le football exige du temps. Et justement ces derniers mois ont surtout servi à créer cette cohésion d’équipe. Même si la deuxième place peut être considérée comme un échec, on peut dégager des explications sans pour autant défausser les Parisiens : les automatismes naissants en cours de première année, le travail de construction d’équipe, l’année incroyable de Montpellier. Toutes ses causes ne serviront plus d’alibis aux Franciliens cette saison. Le PSG est (normalement) prêt. Le PSG doit gagner. Le PSG doit s’imposer. Cette pression, il l’aura en permanence. Partout où il se déplacera, les équipes voudront s’offrir son scalp. A l’instar de l’OM, il y a quelques saisons, Paris est devenue LA formation à battre. Mais avec son mercato, la formation d’Île-de-France s’est armée pour bien figurer dans plusieurs tableaux.
Un recrutement cinq étoiles pour une année royale ?
Ligue des champions et Ligue 1. Ce sera sans doute le double objectif du PSG. Non pas gagner les deux compétitions mais briller dans la Coupe aux grandes oreilles et s’offrir la L1, 19 ans après le dernier sacre parisien. Avec Thiago Silva considéré comme l’un des meilleurs défenseurs centraux au monde et un joueur du calibre d’Ezequiel Lavezzi, cette équipe est condamnée à la victoire. Et la sentence sera irrévocable en cas d’échec.
Ajouter à ces deux belles recrues, un espoir du football italien Marco Verratti et surtout un buteur de rang mondial tel que Zlatan Ibrahimovic, et vous obtenez un PSG qui ne peut pas se cacher. Le club présidé par Nasser Al-Khelaifi doit assumer son statut d’hyper-puissant du football français. Avec l’arrivée du Suédois en provenance du Milan AC, le club qatari a enfin obtenu son attaquant de classe internationale. N’oublions pas qu’Ibrahimovic, c’est tout de même 35 buts toutes compétitions confondues avec les Rossoneri, l’année dernière. C’est aussi 28 réalisations en Serie A, toujours considérée comme le championnat le plus cadenassé d’Europe. Même si sur le plan national, le PSG peut largement glaner les trois trophées, ce constat est moins vrai si l’on se projette sur la prochaine Ligue des champions.
Encore loin des cadors européens
Le PSG a démontré qu’il était capable de tenir la dragée haute au Barça (2-2) et surtout à Chelsea (1-1). Samedi dernier face aux Blaugranas, les Parisiens ont souffert de la comparaison collective. Souvent baladé par les Catalans dans la première demi-heure, les hommes de Carlo Ancelotti ont aussi réussi (parfois aussi) à faire douter le champion d’Europe 2011. A la sortie, le Paris Saint-Germain s’en sort avec un match nul (2-2) et une belle réaction d’orgueil. Mais dans un match de niveau Champions League où le rythme sera bien plus élevé, être mené 2-0 par une équipe du calibre de Barcelone serait rédhibitoire.
Voilà qui tant à prouver que le Paris SG est encore loin du niveau de performances, de maturité, de vécu nécessaire pour remporter la C1. L’argent peut permettre de faire énormément de choses mais ne remplace pas l’aura d’un club dans une compétition continentale aussi âprement disputée. D’ailleurs, la formation francilienne pourrait se retrouver dans un groupe périlleux avec par exemple le Barça et Manchester City. Autant dire que les chances de qualifications pour la suite de la compétition paraîtraient minces dans ces conditions.
Clairement, le PSG est taillé pour gagner le titre non pas aisément mais sans trembler outre-mesure. Car si le club veut briller dans le même temps en Ligue des Champions, il faudra forcément s’attendre à perdre des points en championnat. De là à gagner la C1, c’est un pas que nous ne sommes (pour le moment) pas autorisés à franchir. N’oublions pas que l’OM avait dû essuyer des échecs et d’énormes déceptions avant de soulever la Coupe aux grandes oreilles. Et n’oublions pas non plus que l’équipe alignée sur le terrain avait un vécu impressionnant derrière elle. Ces deux éléments ne sont pas encore réunis au Paris Saint-Germain. Et le football nécessite du temps même si le processus est en marche. La question est maintenant de savoir si ce dernier sera long ou assez court…







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