PHM, épisode 2
Cette terrible année 2002 ... La gloire tout d'abord pour Paul-Henri Mathieu. Révélé à Roland Garros en poussant André Agassi au cinquième set, dernier vainqueur de Pete Sampras en septembre, puis double vainqueur à Moscou et à Lyon dans la foulée, la fin de cette saison sera dramatique, avec la défaite dans le cinquième match décisif de la finale de la Coupe Davis à Bercy, contre Mikhail Youzhny. PHM, dont les larmes auront marqués tous les supporters des Bleus, avait pourtant remporté les deux premières manches et a été à deux points du saladier d'argent. Depuis cette finale, sa carrière fait le yo-yo, alternant entre succès et blessures. Dix ans plus tard, en ce début d'année 2012, Paul Henri Mathieu, actuel 733e joueur mondial, l'affirme « je reviens de nulle part »
542. C’est le nombre de jours pendant lesquels le Strasbourgeois a été absent du circuit principal. Le 3 novembre 2010, après une victoire au premier tour du tournoi à Bâle, l’ancien numéro 12 mondial déclarait forfait pour son huitième de finale du lendemain contre Victor Troicki. Après plusieurs mois d’incertitudes, PHM décidait en mars 2011 de se faire opérer du genou, une ostéotomie tibiale pour venir soigner l’arthrose qui se développait au niveau de son articulation. Une intervention pas banale pour un homme de seulement 29 ans … « J’aurais eu 33-34 ans, je ne suis pas sûr que je l’aurais fait » confiait-il ainsi au Midi-Libre dans la semaine, avant d’évoquer des journées entières de rééducation. Après son opération, il ne pouvait même plus marcher, une longue période d’inactivité qui aurait pu éprouver son moral, mais il n’en fut rien.
Désormais, son genou semble enfin décidé à le laisser tranquille et Paulo a surmonté la peur de la rechute. A 30 ans, le Strasbourgeois a fait son retour sur le circuit ATP à l’occasion de l’Open de Montpellier, où il bénéficiait d’une wild-card. Un an et demi après son dernier match au plus haut niveau, Paulo commençait par une victoire contre le modeste allemand Cedrik-Marcel Stebe avant de s’incliner contre le finlandais Jarko Nieminen, tête de série numéro huit. Battu dans la foulée au premier tour du Challenger de Quimper par un russe quasi-inconnu, c’est à Rotterdam que le français a signé son premier fait d’arme. Issu des qualifications et opposé au premier tour à Feliciano Lopez, tête de série numéro quatre et 15e joueur mondial, PHM a fait plus que résister en s’imposant au bout du suspens 4-6 7-6 6-4, avant de s’incliner avec les honneurs contre le redoutable Nikolay Davydenko 6-4 6-7 6-1, qui poussera par la suite Roger Federer dans ses derniers retranchements.
Dans les colonnes de L’Equipe, le Strasbourgeois déclarait à l’issue de sa victoire contre l’Espagnol : « Depuis mes ennuis, il y a une force qui m’habite. J’accepte plus de choses qu’avant. Du coup, je repousse mes limites plus loin. Ma victoire sur Lopez, c’est un exemple édifiant [...] Quand on vit pendant des mois au jour le jour, on apprend à raisonner sur le court terme ».
L’ancien grand espoir du tennis français n’a aujourd’hui plus grand chose à prouver, après les nombreuses épreuves auxquelles il a du faire face ces derniers mois, c’est avec la volonté de se faire plaisir qu’il rentre désormais sur le cours. Les blessures l’ont peut-être empêché d’avoir une carrière à la hauteur de son talent mais qu’importe, Paul Henri Mathieu est de retour sur le circuit ATP, et il entend bien se refaire une place parmi les meilleurs joueurs du monde. Il déclarait à L’Equipe il y a peu “Je me suis vraiment battu pour revenir sur un terrain. Je dois retrouver le rythme des matchs. J’espère pouvoir à nouveau bien figurer dans les tournois ATP et dans les Grand Chelem”.
Le foot (dans mon canapé), le tennis (sur le terrain), le rugby (dans les tribunes) et l'Angleterre (dans la tête). Blogueur passionné et ouvert à tout projet de coopération pour un blog/site.









Petite précision, il a repris la compétition lors du Challenger d’Heilbronn en Allemagne, la semaine précédant Montpellier, échouant au premier tour des qualifications contre le belge Ruben Bemelmans.