OM-Bayern : Peur de quoi ?

C'est le jour J : ce soir, l'OM joue une grande partie de sa saison face au Bayern Munich. Edito d'avant-match.

L’éternité, c’est long, surtout vers la fin. On ne sait pas si Robert-Louis Dreyfus était un amateur de Pierre Desprosges, mais de là où il est, l’ancien patron de l’OM doit certainement trouver le temps long. Alors, quand son club a tiré le Bayern en quart de finale de Champion’s League, il a dû cocher les dates du 28 mars et du 3 avril en rouge. Pour l’affiche évidemment. Mais aussi, car le FC Hollywood a été le modèle de « son » OM, un exemple vers lequel il voulait tendre afin de faire de Marseille le Bayern du Sud de l’Europe. Alors, au moment de les affronter, il serait presque légitime que les Bavarois se croient qualifiés, d’autant plus que les Phocéens n’ont plus gagné depuis… Depuis quand déjà ?

Le rêve inachevé de RLD

Inutile de parler modèle allemand avec RLD. Tout d’abord, parce qu’il n’est plus en mesure de le faire. Ensuite, car en tant qu’homme d’affaires avisé et faussement branleur sur les bords, l’Helvète a vite compris que le modèle allemand était le plus viable à moyen et à long terme. Il suffit de voir toute la hype autour du football outre-Rhin depuis le Mondial 2006 pour se rendre compte que le repreneur de l’OM avait vu juste dès le début. Vu seulement parce que, question réalisation, RLD n’a jamais approché son paradigme, même en rêve. Le Vélodrome est resté ce stade ouvert aux quatre vents, « une fleur dans la ville » comme avait dit le génial architecte lors de l’agrandissement de l’enceinte avant le Mondial 98, et en dépit d’une nouvelle rénovation, ne ressemblera jamais à l’Allianz Arena. Ce n’est pas plus mal finalement.

Car qu’est-ce que l’Allianz Arena, ce stade encensé depuis qu’il a remplacé l’Olympiastadion ? Un « écrin » high-tech en forme de pneu dont l’habillage extérieur varie en fonction du temps ou de l’heure et qui ferait passer un abat-jour Ikea pour une œuvre du Musée Pompidou. En réalité, l’Allianz Arena, vanté par beaucoup, n’est rien d’autre que la figure emblématique du football 2.0. A savoir : un stade dédié au culte de la consommation, un outil tout-en-un où l’on doit trouver des buvettes tous les dix mètres, des boutiques remplies de produits dérivés inutiles et des sanisettes qui ne sentent même pas l’urine et qui ne débordent pas après le passage de 500 personnes.

Bref, un stade aseptisé, théâtre d’un spectacle où le rituel est scénarisé au lieu d’être spontané : on arrive en avance, on trouve immédiatement sa place dans le parking, on fait un tour dans les boutiques, on regarde le match et on repart la bouche encore pleine de pop-corn. Sérieusement, n’est-ce pas déprimant ? Certes, aller au Vélodrome, c’est faire passer le parcours du combattant pour un jeu de cour d’école primaire et un peu plus de fluidité dans le trafic (sans jeu de mots) ne nuirait pas. Néanmoins, cela « fait partie du truc ». Voir l’OM se mérite après tout et poireauter dans les embouteillages est un concept élevé au rang de véritable tradition.

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  2. 28 mars 2012 a 17 h 54 min
    Par DonS

    J’aime beaucoup l’analyse !
    Par contre, j’ai bloqué sur la chute “ayew pour boli” … bug non ?

  3. avatar
    28 mars 2012 a 18 h 25 min

    Non non pas de bug, c’était juste pour faire une vanne sur le parallèle Munich 93 et Munich 2012.

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