Londres 2012 : retour sur le plongeon et la natation synchronisée

Si le centre aquatique de Londres a été pris d’assaut par les Chinois et les Russes, force est de constater qu’une page est peut-être en train se tourner. Le plongeon et la natation synchronisée se mondialisent et rarement les champions ont été autant poussés dans leurs retranchements. Le début d’une nouvelle ère ?

Plongeon

La domination chinoise continue mais…

Avec six titres glanés sur huit possibles, la Chine confirme son statut de numéro une mondiale de la discipline. Chen Ruolin, vainqueur du 10m individuel (avec plus de 50 points d’avance) et synchronisé, conserve ses titres remportés à Pékin. Elle devient la seule plongeuse à réaliser cette performance à la plateforme à 10m. Quant à sa compatriote Wu Minxia, elle égale le record de Guo Jingjing en obtenant à Londres une sixième médaille olympique.

La domination chinoise a pourtant été contestée à 3m et à 10m, où Qin Kai, He Chong et Qiu Bo n’ont pu supporter la pression liée à leur statut d’hyper-favoris. Battus par Ilya Zakharov (3m) et David Boudia (10m), ils ne font plus figure de murailles imprenables. Le début de la chute de l’empire chinois ?

David Boudia et la renaissance américaine

Vice-champion du monde à 10m, personne pourtant n’attendait l’Américain en haut du podium. Qualifié in extremis pour la finale, celle-ci a redistribué toutes les cartes. Devancé par Tom Daley et Qiu Bo par seulement 0,15 points avant le dernier plongeon, David Boudia a profité d’un degré de difficulté moindre du Britannique et d’un léger ratage du Chinois pour s’emparer de l’or.

Egalement médaillé de bronze en synchro, il devient le premier plongeur américain depuis Greg Louganis en 1988 à obtenir le titre olympique à 10m. Si l’on ajoute la médaille de bronze de Troy Dumais à 3m, le bilan est plus qu’honorable pour la bannière étoilée et la relance dans la course aux titres.

Emilie Heymans dans l’histoire

Première athlète canadienne et surtout première plongeuse à obtenir une médaille dans quatre JO consécutifs, Emilie Heymans a marqué l’histoire du plongeon sans en être l’une des stars. Souvent devancée par les Chinoises, Heymans a quand même été sacrée championne du monde en 2003 à 10m avant de se tourner vers le tremplin à 3m.

Médaillée d’argent à Pékin en individuel, la Canadienne a surtout obtenu une médaille en 2000, 2004 et 2012 avec trois partenaires différentes ! Désormais retraitée, c’est sur Jennifer Abel, en bronze avec Heymans à Londres, que reposent tous les espoirs canadiens.

Tom Daley, la médaille et la controverse

Dans une finale passionnante à 10m, l’or lui aura échappé de peu, mais le bronze était bien suffisant pour les Britanniques après une quatrième place décevante en synchro. Tom Daley, star de tout un peuple, a pourtant suscité la controverse dès son premier plongeon. Réalisant un double saut périlleux et demi arrière carpé avec deux vrilles et demi, le Britannique reçoit une note décevante de 75,6 points.

C’est alors que le jeune prodige obtient un nouvel essai de la part des juges après avoir invoqué une gêne due aux flashes des appareils photos ! Sa nouvelle tentative sera couronnée de 91,8 points et le relancera dans la course à l’or. Qui se transformera finalement en bronze.

La déception française

Si les échecs de Damien Cély, Fanny Bouvet, Marion Farissier (3m) et d’Audrey Labeau (10m) dès les éliminatoires ne sont pas surprenants, celui de Matthieu Rosset en demi-finales à 3m est plus décevant. Manquant d’adrénaline en demi-finales, comme il l’a confié après son élimination, il envisage désormais de partir s’entraîner à l’étranger, afin de viser un podium à Rio, dans quatre ans.

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