Londres 2012 : retour sur la gymnastique artistique

On attendait un duel sino-américain, arbitré par la Russie et le Japon. Le scénario annoncé s’est bel et bien réalisé, mais les champions n’ont pas toujours été ceux que l’on attendait. Et à quatre ans des Jeux de Rio, le Brésil a montré le bout de son nez dans une compétition relevée et parfois surprenante

Compétition féminine : la bannière étoilée fait des étincelles, malgré Mustafina

Honneur aux dames et plus précisément aux Américaines, qui ont dominé toutes les épreuves, malgré une belle résistance des Russes et – surprise – des Roumaines. Le titre attendu au concours par équipes – le second seulement après celui obtenu en 1996 – a révélé la forte densité de l’équipe américaine. Jordyn Wieber, championne du monde en titre au concours général individuel, n’a ainsi pas pu se qualifier pour cette épreuve, deux de ses compatriotes ayant obtenu un meilleur classement qu’elle en qualifications !

C’est une autre Américaine qui a finalement illuminé le concours général individuel. Sans médaille internationale en grands championnats (hormis le titre mondial par équipes en 2011), Gabrielle Douglas a mis une option sur l’or olympique dès la première épreuve, le saut, pour ne plus lâcher la tête du classement. « L’écureuil volant » confirme ainsi l’hégémonie de la bannière étoilée, après le titre olympique de Carly Patterson en 2004 et de Nastia Liukin en 2008.

Quatrième lors de cette même épreuve, bien qu’ex-aequo avec Mustafina, Alexandra Raisman s’est parfaitement reprise pour obtenir l’or au sol, où sa puissance et ses acrobaties ont fait des merveilles, et le bronze à la poutre, après une réclamation auprès des juges. McKayla Maroney complète la moisson de médailles américaines grâce à l’argent au saut. Un métal décevant, car le sacre attendu n’eut pas lieu pour la championne du monde après une chute sur son second saut.

La Russie a aussi assisté à quelques surprises dans son propre camp. Cantonnée aux deuxièmes places, Victoria Komova a malheureusement confirmé cette habitude. Médaillée d’argent par équipes, elle n’a pas profité de l’absence de Wieber au concours individuel et obtient encore l’argent sur cette épreuve. Deux médailles en forme d’échec pour la jeune Russe, qui a échoué de peu aux barres asymétriques (cinquième) et s’est effondrée à la poutre (huitième), où elle chuta.

La consécration est finalement venue pour Aliya Mustafina, reine des Mondiaux 2010 puis gravement blessée au genou l’année suivante. Troisième au général derrière Komova, puis également médaillée de bronze au sol, la Russe fut couverte d’or grâce à un mouvement parfaitement exécuté aux barres asymétriques. Elle demeure, avec Douglas et Raisman, l’une des stars de ces Jeux Olympiques.

Médaillée de bronze par équipes, la Roumanie a justifié son rang de troisième nation mondiale grâce à Catalina Ponor, « vétéran » de l’équipe auteure d’un incroyable triplé à Athènes. Si à 24 ans, une telle réussite semblait impossible, sa seconde place au sol (où elle ne fut pas loin de décrocher l’or) et sa quatrième place à la poutre après l’appel des USA (d’abord classée troisième, elle rétrograda par la suite d’une position) confirme qu’elle demeure une des meilleures gymnastes du monde. L’or inattendu au saut de Sandra Izbasa aurait pu redonner le sourire aux dirigeants roumains après le fiasco des Mondiaux 2011, mais il n’en fut rien. L’avenir de l’équipe est toujours aussi incertain.

La déception est finalement venue de la Chine, impériale à Pékin mais inexistante face aux trois nations les devançant au concours par équipes. Seule la poutre a permis aux Chinoises de ne pas sombrer au tableau des médailles, grâce au doublé de Deng Linlin et de Sui Lu. La championne olympique de Pékin aux barres asymétriques He Kexin n’a pu réaliser un doublé, se contentant de l’argent derrière une excellente Mustafina.

Un échec ressenti également par la Grande-Bretagne, dont sa championne Beth Twiddle n’a pas obtenu l’or espéré aux barres mais le bronze. Le retour de Vanessa Ferrari au plus haut niveau avait donné quelques espoirs de breloques au camp italien, mais l’ancienne championne du monde n’a pu faire mieux que quatrième au sol, un résultat contesté par de nombreux observateurs. Quant à l’inoxydable Oksana Chusovitina, 37 ans, sa dernière apparition aux Jeux ne fut pas couronnée de succès, l’Allemande prenant la cinquième place au saut.

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