Le dernier rêve de Judith Arndt
Cet après-midi, 14h03, Judith Arndt s’élancait pour le chrono des Jeux Olympiques. Grande favorite, championne du monde en titre, mais devancée par Kristin Armstrong, il ne lui manquait que l’or aux Jeux pour que son palmarès en chrono soit complet
Dimanche, Marianne Vos gagnait le seul titre de course en ligne qui lui manquait : l’or olympique. Une bonne chose de faite. Aujourd’hui, Judith Arndt enfilait son casque de chrono afin de remporter le seul titre de la discipline lui manquant : celui des Jeux.
A 36 ans, Judith Arndt court vraisemblablement ses derniers JO. Avec beaucoup d’envie et d’espoirs. Championne du monde en titre du chrono, elle est arrivée à Londres avec le statut de favorite sur le CLM prévu de 29 km. Sa dernière chance. Un rêve. Le dernier de sa carrière. Pas des moindres. Elle le dit elle-même, si elle venait à prendre l’or, ce serait l’apogée de sa carrière cycliste.
La pression et ce statut ? Elle connait. Son expérience lui permettra normalement de les gérer.
Néanmoins, elle n’a pourtant pas eu chrono gagné aussi facilement, et plusieurs adversaires pouvaient s’avérées coriaces.
A commencer par la Britannique, Emma Pooley. Poussée par la médaille d’argent dimanche de sa compatriote Lizzie Armitstead, la petite blonde avait à cœur de faire aussi bien devant son public, même mieux. La course en ligne n’ayant pas le profil qu’elle apprécie elle s’est concentrée sur le chrono dont elle avait finit argentée à Pékin. L’Anglaise était la principale outsider de l’Allemande et souhaitait absolument faire mieux qu’en 2008, année et lieu de sa révélation au grand public.
La tenante et conservatrice du titre était quant à elle plus motivée que jamais. « Quand vous avec connu l’or, vous ne voulez pas gagner moins. » s’était exprimée il y a peu Kristin Armstrong. A 38 ans, peu vendaient cher de sa peau au vu des autres concurrentes et de sa saison, mais elle est partie le couteau entre les dents. Prête à en découdre et à ne pas laisser la breloque dont elle était détentrice à quelqu’un d’autre qu’elle ! Surtout pas à l’Allemande Judith Arndt qui l’avait battue au printemps sur le Tour des Flandres !
D’autres outsiders, il y en avait autour de la championne du monde du chrono : Trixi Worrack, sa compatriote, avait, il y a une dizaine de jours, réussi à lui arriver à la cheville sur un contre-la-montre de 20km ; Marianne Vos, qui pouvait profiter de sa bonne dynamique pour essayer d’accrocher une médaille, elle qui est plutôt à l’aise sur les chronos de plus courte distance. On citera aussi Clara Hugues, Amber Neben ou Linda Villumsen, mais la liste n’est pas exhaustive.
Judith Arndt avait de quoi faire. Elle pouvait tout d’abord jouer avec le paramètre de la pression de l’épreuve. Elle-même le disait c’est « une compétition à part, qui n’a rien à voir avec le vélo », les compétitions auxquelles on assiste toute l’année. Les Jeux ont un goût différent. Si différent qu’ils déstabilisent et de part son expérience, l’Allemande pouvait en profiter en tentant de mieux le gérer que d’autres. La chance d’échapper à la crevaison, la lucidité de prendre toujours les virages de la meilleure des façons, d’échapper à la chute, jouent. Toute l’Allemagne était derrière elle, pour faire apparaître le pays dans le top 5 au classement des médailles. Mais elle roulait surtout pour réaliser son dernier rêve dont c’était aujourd’hui la dernière chance de réalisation…







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