L’amour du maillot existe-il vraiment ?

A l'heure où le foot-business est en train de prendre le pas sur les valeurs initiales du football, la question, de savoir si un joueur aime le club dans lequel il évolue, revient souvent sur le tapis. Mais face à ce phénomène quelques irréductibles résistent et hésitent à passer dans le camp ennemi.

Au fur et mesure des années, le football est devenu l’exemple du sport-business. Médiatisation, popularité… Les motifs sont nombreux. Ce phénomène aurait-il fait disparaître le phénomène de fidélité des joueurs auprès de leurs clubs ? La tendance actuelle voudrait en tout cas nous faire affirmer par la négation.

Frères ennemis

La première chose qui nous vient à l’esprit, lorsque nous évoquons l’infidélité dans le football, concerne bien sûr les joueurs étant passés par deux clubs ennemis. Les exemples sont nombreux : Luis Figo passé du FC Barcelone au Real Madrid, comme Ronaldo ; Michael Owen, idole de Liverpool, venu terminer sa carrière à Manchester United ; le cas de l’Anglais “s’aggrave” lorsque l’on sait qu’il était supporter d’Everton durant sa jeunesse. D’autres exemples seraient à développer outre-Manche, mais les autres championnats ne sont pas non plus en reste avec les cas d’Andrea Pirlo, qui a fréquenté les deux clubs de Milan, et Manuel Neuer, passé cet été de Schalke 04 au Bayern Munich. La France n’est pas non plus épargnée, loin de là. Il suffit de regarder l’historique des transferts entre l’OM et le PSG… Il est selon moi, inconcevable qu’un joueur ayant témoigné autant d’affection à son club, puisse rejoindre le rival de toujours. Après, si le joueur a été jeté à coups de pieds hors du club ou n’a pas témoigné de véritable attachement, la question est toute autre. Revanche, rancune, les explications sont nombreuses, presque légitimes.

Pour prendre l’exemple de Didier Drogba, comment pourrait-il rejoindre le PSG après avoir déclaré, exhibé, affirmé, revendiqué… Son amour pour l’OM ? Mais là n’est pas la question, je me servais uniquement de cette rumeur pour illustrer mon point de vue. Un joueur qui a un minimum de valeurs morales ne peut pas se permettre de trahir son ancien club en rejoignant l’ennemi juré. La relation qui se noue avec un club ne peut pas, à mon sens, être bafouée d’un simple revers à la moindre querelle ou au moindre appel du pied d’une équipe adverse, qu’il soit l’ennemi juré ou non. La dévotion, le respect et la fidélité, voilà pourquoi ! En s’engageant avec un club, le joueur appartient à un groupe, une communauté à laquelle il est lié. S’il lui témoigne de l’affection avec exubérance, comment peut-il ensuite s’insurger de voir les supporters le renier s’il renie lui même les “siens” ? Petite précision, ce n’est pas pour autant qu’un Marseillais doit absolument être anti-Parisien et vice versa, de même pour un Milanais envers un Intériste etc… Au contraire, l’amour que l’on a pour son équipe ne doit pas se transformer en haine envers celui qui n’a pas les mêmes convictions ! La nuance méritait d’être faite car après tout ce n’est que du foot…

Je t’aime moi non plus

Mais la question ne touche pas seulement l’idée qu’un joueur puisse rejoindre un club après avoir porté les couleurs du rival honni. Comment un joueur attaché aux valeurs du club et qui le revendique peut-il par la suite “cracher” sur son passé, comme beaucoup l’ont fait, pour rejoindre un autre club comme si de rien n’était ? Combien de joueurs avons-nous vu embrasser l’écusson d’un club avant d’aller au “clash” avec leurs dirigeants pour rejoindre un autre club ! Les dirigeants, et les clubs en général, ne sont pas tous roses, bon nombre d’entre eux ayant forcé la main à leurs joueurs pour les voir partir en échange d’un gros chèque et ce, malgré la fidélité que ces derniers leur vouaient. L’hypocrisie, voilà bien une notion qui résume trop souvent l’attitude des différents acteurs dans le monde du football.

  1. 9 avril 2012 a 13 h 16 min

    Il existe des joueurs qui ne quitteraient leur maillot sous aucun prétexte (du moins à mon avis), comme Totti à l’AS Roma ou Del Piero qui est une légende dans son club de la Juve…
    Mais l’argent a pris le pouvoir chez de nombreux joueurs…

  2. avatar
    10 avril 2012 a 12 h 14 min

    Vous parlez des grands des grands.

    Un Del Piero aurrait pu comme un Pirlo (lâché par ses dirigeants) se retrouver dans un club honni de la Juventus.

    Un exemple parfait du joueur bon-moyen dans un club moyen-bon (l’ordre des pairs a toute son importance), c’est DI NATALE avec l’ UDINESE. Pas mieux, pas plus fort, pas plus fidèle, pas plus attaché.

    • avatar
      16 avril 2012 a 17 h 12 min
      Par Thomas

      Chez les joueurs “bon-moyen” qui restent dans un club “moyen-bon” comme tu dis, on peut également citer Matthew Le Tissier

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Etudiant en Information/Communication, fan de sport en général mais avec un penchant certain pour le football, l'écriture d'articles est rapidement devenue une passion. Avec Carnet Sport, j'espère m'étendre à une plus grande diversité de sujets. Le tout, avec (fausse ?!) modestie et selon mon humble opinion...

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