John le Terrible : portrait d’un caractère bien trempé
Pris dans une tempête médiatique entraînée par des accusations de racisme, John Terry est un joueur au profil atypique. Pilier de la défense anglaise et de Chelsea, il est aussi pilier de bar et agité des discothèques. De plus, il ne fait pas bon de lui présenter sa femme, surtout lorsque l'on partage sa chambre d’hôtel en sélection. Présentation d’un enfant terrible du foot anglais.
Racisme, alcoolisme, violences nocturnes, adultère, prostitution. Autant de joyeusetés qui ont récemment fait la une des tabloïds anglais. Renouveau du hooliganisme ? Non, vie privée des stars du football anglais, internationaux pour la plupart, et cadres de leurs différents clubs. Wayne Rooney, Ashley Cole, Rio Ferdinand, Andy Carroll, Joey Barton, et dans une moindre mesure Steven Gerrard, tous ont leur petit pêché mignon. L’un d’entre eux les a quasiment tous à la fois : John Terry.
Depuis Paul Gascoigne et Tony Adams, les footballeurs britanniques ont toujours la particularité de faire beaucoup parler d’eux en dehors des terrains. Si encore ils faisaient du bénévolat dans les maisons de retraite, ou encadraient des handicapés dans des instituts spécialisés, on pourrait se dire que ces gens-là font preuve de savoir vivre ; malheureusement, la presse parle d’eux pour relater leurs exploits en boîtes de nuit -bagarres diverses seuls ou en groupes-, leurs mots déplacés envers des étrangers, leurs arrivées tardives à l’entraînement dans des états peu conformes à ceux de sportifs de haut niveau, leur palmarès amoureux avec de parfaites inconnues mais aussi sous prestations tarifées.
Sous les feux des projecteurs depuis plusieurs mois, John Terry accumule les frasques conjugales -trompant sa femme avec la compagne de son copain de chambre Wayne Bridge-, est accusé de racisme -contre Anton Ferdinand, joueur des QPR-, se bat en discothèque en 2001 à Heathrow et en 2002, et boit aussi sans doute un peu trop. Rien de nouveau vous me direz. Certes, mais lorsque l’on est capitaine de la sélection nationale et de Chelsea, on est plus scruté par les médias et par l’opinion publique. Or le statut de footballeur professionnel impose une hygiène de vie irréprochable.
On peut se demander pourquoi les Anglais accordent autant d’importance à ceci… Sans doute parce que John Terry n’est pas qu’un « bad boy » : il est aussi certainement le meilleur défenseur central du Royaume depuis plusieurs années, possède un charisme très important auprès de ses coéquipiers, et sait aussi marquer des buts. Il incarne la solidité dans tous les secteurs défensifs, lit parfaitement les trajectoires, au sol ou en l’air, est doté d’un excellent jeu aérien, et détient un sens très aigu du marquage sur l’homme. Il force le respect parmi ses adversaires qui craignent son agressivité défensive, et qui le voient revenir de n’importe où pour tacler, chiper ou contrer les ballons.
Sportivement parlant, la seule ombre au tableau, et elle est de taille, est le pénalty manqué en finale de la Ligue des Champions contre Manchester United en 2008 à Moscou. Sa glissade, le ballon s’écrasant sur le poteau, a ce jour-là empêché son club de remporter la coupe aux grandes oreilles et devrait longtemps être la plus grosse déception sportive de sa carrière. Il reste cependant le pilier de la défense des Blues, ses blessures rimant souvent avec un moins bien général de l’équipe. Au niveau international, sa complémentarité avec Rio Ferdinand est manifeste et il est objectivement le patron de la défense des « Three Lions ». Son palmarès est fourni également avec 3 titres de champion (2005, 2006, 2010), 4 coupes d’Angleterre (2000, 2007, 2009, 2010), 2 coupes de la ligue (2005, 2007), 3 Community Shield (2000, 2005, 2009), et 1 Supercoupe d’Europe (1998).
La popularité des sportifs britanniques, et notamment des joueurs de foot, fait certainement oublier que ce ne sont que des jeunes hommes, dont le sens moral est souvent sapé par l’argent gagné bien rapidement. Les joueurs anglais ne sont pas les uniques fautifs, puisque leurs voisins irlandais -George Best en est l’emblème-, écossais -Barry Ferguson, et Allan Mc Gregor exclus de la sélection écossaise en 2009 pour avoir trop prolongé une soirée jusqu’au petit matin- ou gallois -Craig Bellamy avait laissé des traces lors de son premier passage à Liverpool sous Benitez-, mais aussi dans d’autres sports comme le rugby ou les sélections britanniques collectionnent ce genre de méfaits. Le terme de folklore n’est certainement pas approprié mais John Terry n’est pas un cas unique et désespéré. Une prise de conscience générale, comprenant le fait que ces joueurs sont des exemples pour les enfants qui suivent leurs carrières, est nécessaire de la part de ces sportifs qui ne mesurent sans doute pas l’impact qu’ils ont sur la population. Leur célébrité, qui leur rapporte souvent de l’argent, en fait aussi des personnes épiées, dont le moindre geste répréhensible est rapporté sur la place publique.
Cependant, cette célébrité, ainsi que les revenus dont ils disposent, devraient les obliger à se contrôler et les empêcher d’alimenter les faits divers dans les journaux, préférant la une des pages des sports. De ce côté-là, il est certain que John Terry est relativement assuré de faire partie d’au moins une de ces rubriques. Néanmoins, bien que possédant des qualités humaines contestables et n’ayant pas le profil du footballeur pro par excellence, il en reste irréprochable sur le terrain et c’est peut-être ce qu’un supporter demande, tout simplement.
P. GOUGUET









J’accroche pas vraiment à l’article pour être honnête, faire une critique du stéréotype du footballeur Anglais ou moderne en l’adaptant tant bien que mal sur Terry (ce qu’on aurait pu faire sur un paquet d’autres joueurs actuels)…
Parler de l’épisode de la soirée arrosée et des cacahuètes lancées sur des américains par Lampard, Gudjohnsen et Terry puis enchainer sur son statut de capitaine de Chelsea et de la sélection est un peu anachronique, Terry étant loin d’avoir l’envergure actuelle en… 2001. A l’image d’un Lampard qu’on a connu fêtard dans ses jeunes années, son arrivée devant la scène l’a profondément calmé.
A voir ensuite si ses nombreuses donations aux ouvres de charité et ses actions pour l’éducation à Londres, la vente aux enchères systématique de ses paires de match pour des associations caritatives et le portrait qu’en ont fait ses coéquipiers est un oubli volontaire… ?
Se renseigner sur le début de carrière de Sam Tillen et le rôle de Terry lors de ses deux blessures peut également permettre de se faire une autre idée du personnage. Savoir que Terry ne fait pas simplement porter le brassard aussi, il suit de près toutes les catégories de jeunes du club et va voir les matchs
Idem en ce qui concerne son comportement lors des séances de dédicaces et manifestations publiques du club, Terry est décrit comme incroyablement ouvert et généreux, bien plus qu’un certain Marcel Desailly…
L’idée de base était pas forcément de tailler pour tailler..Et je n’ai pas le sentiment que le sens global du texte soit si terrible que cela. Maintenant, cela mérite quelques explications parce que tes arguments sont légitimes. Je vais essayer de me défendre point par point. Que tu n’accroches pas est un fait, et un droit, ceci dit je l’avais pas vu comme ça.
L’adaptation du stéréotype du joueur anglais adapté tant bien que mal à JT, là je suis pas d’accord. Jusqu’à preuve du contraire, tous les faits qui lui sont reprochés sont réels et prouvés. A partir de là, dévoiler une facette déplaisante du joueur n’est pas un crime si cela s’est réellement déroulé. Maintenant, pour sa défense, indiquer qu’il met ses paires à vendre aux enchères ou qu’il oeuvre pour la Charité aurait dû être mentionné certes, et c’est involontaire pour répondre à ta question. Mea Culpa.
Pour le reste je ne suis pas d’accord. D’une part la comparaison avec Desailly est hors de propos, car d’une part je n’ai pas indiqué que JT méprisait le public, et d’autre part, je ne vois pas trop ce que Desailly vient faire là dedans. L’aide apporté à Sam Tillen est trop peu révélatrice (A mon sens), et le concours de lancer de cacahuètes n’est pas mon argument principal non plus, donc je ne le considère pas révélateur du sens de l’article non plus. La comparaison avec Lampard est intéressante, car il est vrai qu’il s’est assagi. Alors pourquoi lui et pas Terry ? De plus, tu ne réagis pas à propos du passage sur ses qualités de joueur.
Je dirais pour finir, que l’enchaînement avec le capitanat est sans doute maladroit et anachronique en effet.. Sache que ce n’était pas le but premier.. Voilà, ravi d’avoir provoqué une réaction, pas forcément attendue certes mais c’est le jeu..
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