Un gazon légendaire pour un tableau de rêve

L'un est champion olympique en titre, espagnol, et s'il n'est pas le meilleur joueur de gazon de tous les temps, il n'a pas à rougir de son palmarès sur cette surface. L'autre est considéré comme le Maître des Lieux, suisse, et élevé au rang de meilleur joueur de l'Histoire du tennis. Rafael Nadal et Roger Federer seront deux grandes stars de ces Jeux Olympiques 2012. Mais la concurrence n'a pas dit son dernier mot...

The Championships Wimbledon, abrégé bien souvent en Wimbledon. Un nom gravé dans la mémoire de tous les tennismens, lieu de tous les fantasmes des professionnels des circuits masculin et féminin. Une victoire sur le gazon du All England Club est pour beaucoup un aboutissement en soi. La conquête du trophée en lui-même forge une légende. C’est le tournoi du Grand Chelem qui obnubile le plus, qui fascine tous les joueurs, et ce dès leur plus jeune âge. Le gazon londonien est un baptême de feu, un rite de passage pour tout compétiteur qui se respecte. La défaite, comme la victoire, à Wimbledon est une expérience exceptionnelle. Le charme londonien, la ferveur toute en retenue qui y règne, les gradins parsemés de têtes couronnées, tout cela participe à cette identité du plus ancien des tournois du Grand Chelem, qui sort de l’ordinaire.

Quoi de mieux donc que de voir les tournois olympiques de tennis se dérouler dans le cadre bucolique de Wimbledon ? Et déjà les observateurs plus ou moins neutres, au même titre que les admirateurs de Roger Federer, de tirer des plans sur la comète en rêvant d’un titre olympique pour le Suisse dans son jardin. Ce dernier, jamais sacré champion olympique, n’attend pas moins. Depuis plus d’un an, Federer clame son extrême motivation de devenir champion olympique à Londres, sur le Central de Wimbledon, et remporter ainsi l’un des rares titres qu’il ne peut pas encore se targuer de posséder (avec la Coupe Davis qui lui résiste encore). Celui qui était annoncé sur le déclin depuis l’arrivée de Nadal et la furie Djokovic avant de reprendre la première place mondiale il y a deux semaines pourrait définitivement marquer de son empreinte l’histoire tennistique, les initiales RF étant déjà frappées du sceau de l’excellence.

Avec un 17ème titre du Grand Chelem empoché lors de l’édition londonienne de 2012 (le septième à Wimbledon), Roger Federer aborde avec confiance, sérénité et fraîcheurs (physique et psychologique) ce rendez-vous déterminant avec lui-même. Les Jeux Olympiques de Londres peuvent être le théâtre de l’accomplissement d’une carrière phénoménale et la récompense d’un maintien au plus haut niveau encore jamais vu sans doute.

Cependant, le tennis, pas plus que la vie, n’est pas un long fleuve tranquille, où l’ambition suffirait à la consécration. Rafael Nadal en a fait les frais il y a peu, battu dès le second tour de Wimbledon en cinq sets par le 100ème mondial, que l’Espagnol ne devait sans doute pas connaître avant de l’affronter. Lukas Rosol était dans un jour faste, où rien ne pouvait lui arriver. Même le coup droit lifté de Nadal ne pouvait pas lui causer de soucis. Cette mise en garde, le septuple vainqueur de Roland-Garros s’en serait bien passé. Mais elle est didactique pour tous, car elle montre qu’une surprise n’est jamais loin. Roger Federer devra donc se battre pour aller remporter le titre olympique tant espéré. Car nul doute que Rafael Nadal sera le premier à repartir de l’avant, à l’assaut de cette médaille d’or à laquelle il a déjà goûté par le passé, mais dont il ne voudrait se séparer pour rien au monde.

Certes, au contraire de Federer, le gazon n’est pas la surface où l’Ibère s’exprime le mieux. Mais ses deux victoires à Wimbledon en 2008 et 2010, la première fois contre Federer justement puis ensuite contre Berdych, montrent que Nadal n’est pas né de la dernière pluie londonienne. Si étonnant que cela puisse paraître, « Rafa » considère un titre déjà remporté plus important qu’un titre jamais gagné. La Masters Cup n’a jamais été soulevé par Nadal, et ce dernier n’en fait pas un objectif. Roland-Garros est le tournoi fétiche de l’Espagnol, et rien ne l’intéresse autant. Par conséquent, Nadal sera très motivé pour ces Jeux Olympiques. Et ce n’est certainement pas cette défaite au second tour qui le fera réviser ses jugements, tout du moins dans sa sphère privée (en conférence de presse, Nadal ne se place en favori, quelque soit son adversaire…).

Novak Djokovic aura également à coeur de glaner un nouveau titre dans une carrière qui a pris un tournant décisif depuis le début de l’année 2011. Et même si le Serbe marque le pas et n’est pas parvenu, assez logiquement, à réitérer ses exploits de l’an passé (41 victoires consécutives, 3 victoires en Grand Chelem, 5 en Masters 1000), Djokovic n’en reste pas moins un client, apte à remporter une médaille.

Récent demi-finaliste à Wimbledon, comme l’an dernier, Jo-Wilfried Tsonga est aussi à l’aise sur gazon et a désormais franchi un cap dans sa carrière, tant au niveau de la qualité de jeu que sur un plan mental. Tsonga s’est bel et bien installé dans le top 5 mondial, derrière les intouchables que sont Nadal, Federer, Djokovic et Murray. Mieux encore, on constate que Juan Martin Del Potro, désormais épargné par les blessures, tarde à revenir dans le haut de tableau. Les chances de médaille en tennis masculin n’ont jamais été aussi importantes pour la sélection olympique tricolore, puisque Tsonga se plaît sur l’herbe de Londres. Une place dans le dernier carré peut légitimement le faire rêver d’une médaille de bronze au minimum. Certes à Wimbledon, le Manceau a bénéficié de l’élimination précoce de Nadal, mais il a su profiter de cette absence, ce qui n’est pas évident, d’autant plus avec une blessure au doigt contractée quelques jours avant le début du tournoi.

Au passage, les joueurs et joueuses de tennis seront à l’honneur lors des cérémonies d’ouverture et de clôture de ces Jeux Olympiques 2012. Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic ou encore Maria Sharapova seront en effet les porte-drapeaux de l’Espagne, de la Suisse, de la Serbie et de la Russie.

Jérôme COLLIN

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J'étudie dès Septembre à l'Ecole Publique de Journalisme de Tours (EPJT). Vous l'aurez compris, mon souhait est de devenir journaliste, idéalement dans le domaine sportif. Je suis rédacteur unique de mon propre blog (http://sportsfans.over-blog.com), et je publie certains de mes articles sur Carnet Sport. "Spécialiste" du tennis et du football, je ne peux m'empêcher de toucher à d'autres sports, tels que le handball, le rugby, le basket...

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