JO : Quelles ambitions pour les cyclistes tricolores ?
Depuis quelques jours, le sélectionneur de l’équipe de France de cyclisme, Laurent Jalabert, a dévoilé sa sélection pour les Jeux Olympiques de Londres. Avec une sélection réduite de 4 coureurs, la France n’aura que peu de chance de briller dans les rues londoniennes. Passage en revue des sélectionnés tricolores et de leurs potentielles ambitions
Sylvain Chavanel, l’expert du chronomètre
De cette sélection, Sylvain Chavanel se présente comme le coureur le plus expérimenté. A 33 ans, le récent champion de France de contre-la-montre représentera sa patrie dans les deux disciplines sur route. En effet, ce spécialiste de l’effort en solitaire sera le seul français à être au départ du chrono, le 1er août prochain, quelques jours après avoir pris part à la course en ligne de ces Jeux Olympiques. D’un tempérament offensif, qu’il s’est forgé lors des classiques belges qu’il affectionne particulièrement, Sylvain Chavanel pourrait avoir un rôle à jouer lors de l’épreuve en ligne. Habitué aux courses d’un jour, champion de France en 2011, il peut prétendre à une médaille olympique même si sa préparation s’axe davantage sur le contre-la-montre. En effet, en enlevant un nouveau titre national dans la spécialité, « Chava » a entamé une série de bonne performance sur ce type d’effort. Certes, il est coutumier du fait, mais en cette année olympique, le poitevin affiche clairement un état de forme maximal. Troisième du prologue du Tour de France à Liège, cinquième du premier long chrono de ce même Tour de France, à Besançon, Chavanel n’est pas encore en mesure de rivaliser avec Wiggins et Cancellara, les dominateurs cette saison, mais il s’en approche. Ces performances lui laissent envisager une potentielle médaille olympique.
Arnaud Démare, le débutant
Il y a un an, il devenait champion du monde Espoir. Il y a un mois, il était sacré vice-champion de France, battu d’un souffle par son coéquipier, Nacer Bouhanni. Seul véritable sprinteur de l’équipe, il aura quelque peu le poids de la course sur les épaules sur un parcours, à priori, favorable aux coureurs de sa trempe. Autour de lui, ils ne seront que trois, voire deux seulement, à pouvoir le protéger et le placer idéalement en vue d’un sprint massif. Si la tâche semble complexe, le talent de ce gamin de 20 ans permet de laissé une part de rêve dans la tête de tous les français. Un titre olympique, devant le palais de sa majesté, Arnaud Démare en est capable. Pour sa première saison professionnelle, il totalise 5 victoires et s’est déjà offert le luxe de dominer les plus grands sprinteurs de ce monde. Les Jeux Olympiques de Londres, c’est une chance unique pour un coureur, une chance qui ne se réitère que très rarement. Médaillé à 20ans, il pourrait vivre encore de nombreuses olympiades et devenir le « Longo » au masculin, avec 7 olympiades, qui sait ?
Tony Gallopin, la confirmation
Depuis le début de la saison, Tony Gallopin ne cesse de confirmer. Bon sprinteur, pas mauvais rouleur, grimpeur à ses heures perdues, le jeune neveu d’Alain Gallopin est un coureur complet. Ces derniers temps, sur les routes du Tour De France, il s’est même révélé être un candidat potentiel pour le maillot blanc de meilleur jeune. Mais alors, Tony Gallopin sera-t-il à son aise sur le parcours de Londres ? Attaquant qu’il est, il n’hésitera sans doute pas à « prendre les coups », à courir au millimètre afin d’avoir l’infime espoir de tire son épingle du jeu. Plutôt rapide sprinteur en petit comité et sur des arrivées vallonnées, Gallopin pourrait devenir le coéquipier de luxe pour Arnaud Démare. En effet, en cas d’arrivée massive dans les jardins royaux de Buckingham, le jeune picard aura besoin d’un équipier pour parvenir à se placer idéalement et Gallopin pourrait parfaitement remplir cette mission si le besoin s’en faisait sentir.
Mickael Bourgain, la surprise réglementaire.
Lors de l’annonce de la sélection, tout le monde a été surpris. Après avoir rapidement écarté la thèse de la mauvaise blague ou celle de l’erreur de frappe, les journalistes et autres amoureux de la bicyclette auront raisonné sur le pourquoi de cette sélection. Et derrière la nomination de Bourgain parmi le collectif français présent à Londres pour l’épreuve sur route, un règlement ! Afin de participer à l’épreuve du Keirin sur piste, Mickael Bourgain devait être engagé dans une autre discipline du cyclisme, quelle qu’elle soit. Aligné sur l’épreuve en ligne sur choix du président de la Fédération Française de Cyclisme, David Lappartient et de la DTN, Isabelle Gautheron, Bourgain devra se présenter au départ de cette course en ligne, lui l’habitué des vélodromes. Déjà double médaillé olympique, le pistard a sur ses épaules une double pression qu’il voudra justifier. S’il ramène une médaille de Londres, le pari français aura été jugé gagnant, et c’est tout le mal que l’on souhaite à notre tricolore.







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