Austère Euro
Ca y est : l'Euro est enfin lancé pour tout le monde. Dès ce soir, les pensionnaires du groupe A lanceront les hostilités des deuxièmes journée. En attendant, il est l'heure de s'arrêter sur ce que les équipes nous ont proposé au moment d'entrer en lice.
- Par F. Toniutti
- Mardi 12 juin
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Dans l’imaginaire footballistique, l’Euro est la compétition la plus relevée sur le plan du jeu. Devant la Coupe du Monde qui invite des “exotiques” dans la cour des grands, le Championnat d’Europe doit faire figure de G14 du football mondial, Brésil et Argentine exceptés. Après les premières prestations des 16 équipes engagées, difficile de s’en tenir à cette définition tant le niveau moyen est apparu faible et peu ambitieux. La peur de perdre ne fait pas tout.
De l’allant à l’Est
Mais avant d’aborder les détails qui fâchent, saluons certaines équipes qui, en alliant allant et talent, ont parfaitement réussi leurs débuts. Tous les quatre ans lors des Coupes du Monde, l’Amérique du Sud propose deux ou trois sélections qui enflamment la phase de poules, tant grâce à leur engagement collectif que grâce à leurs manières “différentes” d’aborder les rencontres, sur le plan tactique notamment.
Si la Croatie, la Russie et l’Ukraine n’ont pas révolutionné le genre, elles sont les bonnes surprises de ce premier tour de table. Aimant le ballon et le lui rendant bien, elles ont réalisé de belles prestations face à la République d’Irlande, la République Tchèque et la Suède, et sont désormais candidates aux quarts de finale. S’il leur faut désormais confirmer, elles ont déjà su se rendre agréables à voir jouer, ce qui est loin d’être négligeable vu la qualité globale du spectacle.
L’Ouest sclérosé
Attendus au tournant dans le Groupe de la Mort samedi dernier, les Pays-Bas et l’Allemagne ont déçu. Incapables de se trouver, les Néerlandais ont chuté face à des Danois qui leur ont répondu par une organisation sans faille ; les Allemands sont eux venus à bout du Portugal, non sans se faire quelques frayeurs. En fin de partie, il semblait ne manquer qu’un numéro 9 aux Portugais pour leur permettre de revenir au score, voire même de l’emporter.
Si l’on additionne ces prestations au nul (attendu) entre la France et l’Angleterre, il ne reste pas grand chose pour sauver ces représentants de ce coin de l’Europe. Rigoureux, ils ont pour point commun d’avoir oublié de jouer, certains diront même oublié d’être une équipe, pour les Pays-Bas notamment. Pourtant ces derniers, avec l’Allemagne, ont d’ailleurs l’habitude de marquer les esprits d’entrée dans les grandes compétitions. Un retard à l’allumage qui leur sera bénéfique dans le final ? A voir, en attendant ce sont l’Espagne et l’Italie qui ont porté le flambeau du football de l’Ouest.
Les latins favoris
C’était dimanche après-midi et c’est le match-référence de cet Euro à l’heure actuelle : l’Espagne et l’Italie se sont séparés sur un score nul mais ont sensiblement élevé le niveau de jeu général. Même si les Espagnols ont apparemment déçu, même si les Italiens ont compté sur la maladresse de Torres pour s’en sortir avec un point. S’il fallait être taquin, il faudrait remarquer que ce sont les deux équipes qui ont osé tactiquement qui s’en sont sorties avec les honneurs du plus beau spectacle.
Certes, l’Espagne a tremblé et aurait pu payer ses errements défensifs en première mi-temps. Mais la Roja fait d’ores et déjà mieux que lors de son entrée en lice en 2010. L’Italie elle a allié une base défensive très solide et de belles phases offensives (Cassano, Di Natale…). Sur ce match, la classe était clairement des deux côtés et imaginer un second rendez-vous entre les deux formations le 1er juillet prochain est certainement la finale à espérer après ces premières journées.
Mais même s’il ne dure que trois semaines, l’Euro est encore long et la vérité des deuxièmes journées ne sera peut-être (sans doute ?) pas la même. Rendez-vous donc samedi pour un second point…








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