Les handballeuses sont presque prêtes

Mercredi soir, à Cherbourg, l’équipe de France féminine de handball jouait le premier de ses deux derniers matchs de préparation avant les Jeux Olympiques de Londres. L’occasion rêvée pour faire un point sur sa progression depuis le tournoi de Scandinavie qui s’est tenu en fin de semaine dernière.

Certes, la France s’est inclinée contre l’équipe russe (30-31). Certes, elle a encaissé plus de trente buts, ce qui n’est jamais idéal. Pour autant, l’équipe a probablement livré hier soir sa meilleure prestation depuis la fin des qualifications pour le prochain championnat d’Europe.

Cinq raisons de s’inquiéter

Les hésitations défensives :

Seize buts encaissés à la mi-temps, trente-et-un au final, on a connu meilleure prestation défensive de la part des Bleues. Surtout quand on sait que c’est leur point fort, celui qui leur permet d’épuiser l’adversaire et de développer leur jeu d’attaque. Avec seulement quatorze arrêts, nos deux gardiennes n’ont pas sorti la prestation de leur vie (huit pour Amandine Leynaud en première période, six pour Cléopâtre Darleux en seconde). A commencer par cette courte relance malheureuse de Cléopâtre Darleux pour Alexandra Lacrabère mais interceptée par une joueuse russe.

Toutefois, on conçoit aussi que la priorité de cette rencontre était de se concentrer sur le jeu offensif et de ne pas prendre le risque de la blessure en défense. Les Russes, d’ailleurs, n’ont pas fait montre non plus d’une agressivité défensive à toute épreuve. En revanche, plus inquiétante était notre réorganisation lacunaire sur les contre-attaques russes. Pire, après un échec au pénalty de Paule Baudouin, l’équipe est restée totalement statique et a laissé les Russes, dynamiques, perforer en quelques secondes toute la défense. Connaissant l’orgueil de cette équipe, ses qualités défensives et sa capacité à hausser son niveau de jeu, on peut légitimement espérer que tout ceci sera rapidement corrigé.

Les irrégularités des cadres

Autrement plus inquiétante est l’incapacité chronique des cadres à rester à un niveau de jeu supérieur pendant toute la durée du match. Déjà très handicapante au tournoi de qualification olympique, notamment lors du match face aux Monténégrines, cette irrégularité des leaders de la base arrière pose problème. Pour Allison Pineau, il est évident qu’elle manque de rythme et qu’elle va rapidement monter en puissance. Elle a, d’ailleurs, délivré quelques passes intéressantes et a inscrit un but sur son seul tir. Toutefois, on attend d’elle qu’elle pèse davantage sur le jeu offensif de l’équipe.

En revanche, concernant Mariama Signaté, dont on connaît le grand talent et l’important gabarit, on est en droit d’attendre mieux. C’est probablement dans cet objectif de responsabilisation qu’Olivier Krumbholz lui a confié le brassard de capitaine pour ce match (quatrième capitaine en quatre matchs de préparation, Amélie Goudjo, capitaine depuis trois ans, n’étant pas retenue dans le groupe des 14+1). A 5/12 au tir, Mariama Signaté fait preuve d’une inconstance, notamment dans les moments-clés, qu’il faut impérativement corriger.

Il en va de même pour Alexandra Lacrabère à 3/7 (avec un pénalty raté) mercredi soir. Avec Mariama Signaté, elles sont deux piliers expérimentés de la base arrière dont la réussite est indispensable pour fluidifier le rendement offensif. Plus leurs tirs de loin et leurs percussions font mal à la défense adverse, plus celle-ci est forcée de se découvrir. Dès lors, cela crée des espaces non seulement au pivot mais aussi pour permettre aux ailières de rentrer dans l’axe. Quant à Sophie Herbrecht, qui doit sa présence dans le groupe à sa capacité à porter l’équipe à bout de bras quand elle tangue (à l’instar du dernier TQO), elle est pour l’instant plutôt terne. Espérons que l’approche des matchs décisifs la réveille.

L’incapacité à écarter le jeu

Notamment due aux irrégularités de notre base arrière, l’incapacité répétée à écarter le jeu en allant chercher les ailières à l’extérieur est problématique. De la même manière que les tirs victorieux à 10 mètres permettent de faire sortir la défense, les situations décisives à l’extérieur des ailières doivent étirer cette dernière. Or nos ailières, depuis plusieurs matchs, brillent davantage en contre-attaque (notamment Siraba Dembélé hier) ou en rentrant vers le centre (Audrey Deroin notamment). Il est indispensable de solliciter plus régulièrement nos ailières, tout comme il est nécessaire que ces dernières évitent de préférer la solution axiale à la prise d’extérieur. C’est d’autant plus souhaitable que nos quatre ailières sont de classe mondiale, capables de marquer dans n’importe quelle position, aussi fermés soient les angles.

La série de trois défaites consécutives

Après les défaites contre les Danoises et les Norvégiennes, les Françaises viennent d’aligner une troisième défaite consécutive. Aussi instructifs et intéressants soient ces trois matchs, il n’est jamais bon de s’enfermer dans une spirale de défaites à l’orée d’un tournoi international aussi important. Créer une dynamique positive est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que nos Françaises n’auront pas le droit à l’erreur dans la poule de la mort, avec les meilleures équipes du monde en face dès les premières confrontations. On peut se rassurer en se disant aussi que cela leur permet de rester humblement concentrées sur leurs manques et éléments de progression.

La mauvaise gestion de l’avantage au score

Dans un match amical de préparation, c’est presque accessoire. Cependant, on peut regretter qu’après le +3 contre la Norvège à la 45ème minute, l’équipe ait de nouveau gâché un +3 à un quart d’heure de la fin contre la Russie. Au-delà de la question de la gestion des temps forts, il est important de savoir enfoncer le clou quand il y a une brèche dans l’organisation adverse. Après le deuxième temps-mort russe, les Bleues ont réussi à intercepter la balle et marquer en contre-attaque ; il est regrettable de n’avoir pas su profiter de ce petit écart et de ce coup au moral des adversaires pour hausser le niveau de jeu et accroître l’intensité défensive.

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Grand amateur de rugby (Auch, Stade Français), de handball et de football (PSG, Real).

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