Elodie Clouvel : Lara Croft des temps modernes
Ce soir, la cérémonie de clôture marquera la fin de ces Jeux Olympiques de Londres 2012. Et annoncera l'heure des premiers bilans. Mais avant cela, nos deux pentathlètes tricolores tenteront d'écrire l'histoire du sport français en décrochant une médaille olympique. Et parmi elles, la belle Elodie Clouvel. Portrait.
Si vous aussi vous prospectez pendant les Jeux pour tenter d’appréhender quelles peuvent être nos meilleures chances de triomphe, ce nom ne vous est peut être pas inconnu. En effet, les articles fleurissent sur la Toile, tentant tour à tour d’en savoir plus sur les performances sportives de cette esthète originaire de Saint Priest en Jarez, commune à proximité de Saint-Etienne. À moins que ce ne soit pour profiter de sa plastique avantageuse… Sans doute un peu des deux. Je vous rassure, il sera ici uniquement question de sport. L’éthique d’abord.
Par où commencer ? En 2008, Elodie Clouvel, qui embrassait jusqu’alors une carrière de nageuse (avec comme entraîneur un certain Philippe Lucas), échoue à se qualifier pour les Jeux de Pékin. Déception immense et remise en question. En septembre de la même année, l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), qui avait repéré ses qualités en natation ainsi qu’en course à pied, l’invite une journée afin de la renseigner sur le pentathlon moderne. Au programme, une combinaison de cinq sports parmi lesquels l’escrime (mort subite en une touche à l’épée, sous forme d’éliminatoires), la natation (200 mètres nage libre, classement au temps), l’équitation (saut d’obstacles, tirage au sort des montures attribuées à chaque athlète) et l’épreuve de tir/course à pieds, calquée sur le modèle du biathlon (3000 mètres à parcourir, avec trois sessions de tir à 10 mètres où il faut toucher 5 cibles le plus rapidement possible), qui désigne le vainqueur de la compétition.
Intéressée, peut être pas encore conquise, la belle entreprend sa reconversion. Et en profite pour augmenter sa panoplie sportive avec pas moins de trois nouvelles disciplines, dont une particulièrement redoutée : l’équitation. Il faut dire que le tirage au sort des chevaux 20 minutes avant le début de l’épreuve a de quoi surprendre et comporte une part importante de hasard : comment faire s’il refuse de sauter ? Malgré des certitudes pouvant naître lors des entraînements, le saut d’obstacles reste pour la plupart des pentathlètes un saut dans l’inconnu le jour J. Cela laisse apprécier le maître mot indispensable au pentathlon : l’adaptation. S’adapter, dans toutes les conditions. Ce qu’a plutôt bien réussie à faire Elodie.
Son palmarès et ses performances parlent pour elle : en 2010, elle finit 3ème des Championnats du monde junior, 3ème aux Championnats de France sans oublier une 3ème place obtenue en équipe aux Championnats d’Europe junior. En 2011, elle remporte les Championnats de France, s’octroie la sixième place lors des Championnats du monde et finit 3ème de la finale de Coupe du monde. Et cette année, elle découvre l’or pendant la Coupe du monde de Rio, performance grâce à laquelle elle a obtenue son billet pour les Jeux de Londres (au « ranking »). De quoi légitimement espérer la voir briller aujourd’hui même si l’expérience, comme elle le souligne dans ses interviews, risque peut-être de lui manquer pour ses premiers Jeux Olympiques, à la différence d’Amélie Cazé, figure phare ayant contribué à populariser le pentathlon moderne en France.
Cazé, un modèle d’inspiration
La triple championne du monde (2007, 2008, 2010), septuple championne de France (2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010) et double championne d’Europe (2009, 2010) peut en effet se vanter d’avoir déjà participer à deux Olympiades, à Athènes en 2004 où elle avait terminée à la 12ème place et à Pékin en 2008 (8ème place). De quoi espérer une nouvelle progression à Londres. Elle sera donc naturellement la leader de cette équipe de France qui, répétons-le, dispose de solides arguments pour ramener une médaille historique dans cette discipline. Espérons que Julie Bresset, médaillée d’or hier en VTT, aura su être une bonne source d’inspiration pour nos deux représentantes qui se respectent énormément.
Elodie Clouvel a eu de nombreuses occasions de le rappeler : Amélie Cazé l’a « tirée vers le haut », lui « a montrée la voie pour gagner ». L’an dernier, elle a d’ailleurs mis fin aux sept années de domination de la Picarde, illustre représentante du club de pentathlon moderne de Noyon (où est également inscrite Elodie), lors des championnats de France. De là à dire que l’élève a dépassé le maître, il n’y a qu’un pas… Que je ne franchirai pas. Une chose est sûre : il faudra compter sur ces deux monstres de compétition pour donner tout ce qu’elles ont afin de toucher au rêve olympique.
Profession gendarme
Elodie Clouvel est également l’une des représentantes du contingent des sportifs de la gendarmerie. Second corps de l’armée le plus représenté avec pas moins de neuf gendarmes derrière l’armée de Terre (14) mais devant la Marine (6) et les personnels civils de la Défense (5), elle fait donc partie des 34 sportifs de haut niveau de la Défense nationale pour ces Jeux 2012. On a tendance à l’oublier, mais le pourcentage demeure important sur une délégation de 328 athlètes. En comparaison, 27 athlètes de la Défense étaient présents à Pékin et sur les 41 médailles glanées, 12 l’ont été par des sportifs de haut niveau des armées. Ils restent donc d’importants pourvoyeurs de médailles.
Les séances d’entraînement d’Elodie en équitation à la garde républicaine lui seront certainement utiles pour cette épreuve que la belle a mis du temps à maîtriser, nettement plus à son aise dans l’eau. Qu’importe, le retard accumulé sur ses nouvelles disciplines depuis sa reconversion en 2008 a eu le temps d’être comblé. Les trois premières heures d’escrime ce matin, discipline où elle a fait des progrès considérables d’après ses dires, lanceront les hostilités avant la natation, l’équitation et l’épreuve combinée course/tir.
Un joli programme pour cette dernière (déjà!) journée des jeux de la XXX ème Olympiade de l’ère moderne. 36 concurrentes sur la ligne de départ de cette épreuve de pentathlon moderne féminin. Trois élues. Une seule championne olympique. Et peut-être une occasion supplémentaire d’entendre pour la dernière fois l’hymne national retentir, au gré du vent froissant le drapeau tricolore alors que celui-ci se hisse pour célébrer la nouvelle championne olympique, la première de l’histoire française. Belle anticipation non ?









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