Eliminatoires de l’Euro : vers la fin du calvaire ?
Alors que les éliminatoires de l’Euro 2012 viennent tout juste de s’achever, l’UEFA semble réfléchir à une nouvelle formule pour 2016. Peut-être la fin de ces innombrables matchs entre équipes dont l’écart de niveau n’a jamais semblé aussi important.
Les quatre matches retour des barrages disputés ce mardi 15 novembre 2011 sont venus – enfin – clore la phase éliminatoire de l’Euro 2012. Ce fut long, très long. Les éliminatoires ont débuté le 10 août 2010. C’est seulement quinze mois plus tard et après 248 matchs (!) que l’on connait les 14 équipes qualifiés qui rejoignent la Pologne et l’Ukraine, qualifiés d’office en tant qu’organisateurs.
En plus d’être long, ces éliminatoires ont été assez inintéressants. Protégés par un statut de têtes de série lors du tirage au sort, les grands d’Europe n’ont pas souffert pour se défaire d’une opposition, il faut bien le reconnaître, assez faible. Au sein d’une Europe footballistique de plus en plus vaste, l’écart de niveau ne cesse de se creuser entre les meilleurs et les plus faibles.
L’Europe du football ne cesse de s’agrandir
Lors du premier Championnat d’Europe des Nations, en 1960, dix-sept sélections avaient participé aux éliminatoires, seulement quatre avaient ensuite pris part au tournoi final. De 1964 à 1992, on compte une trentaine de participants aux éliminatoires, le nombre de participants au tournoi final passant de 4 à 8 en 1980.
C’est l’Euro 1996 qui va marquer un véritable tournant. Du fait de l’explosion de l’Union Soviétique et de la Yougoslavie, pas moins de quarante-sept sélections participent aux éliminatoires. L’UEFA fait passer le nombre de qualifiés pour le tournoi final de huit à seize. Depuis, le nombre de participants aux éliminatoires continue d’augmenter : quarante-neuf en 2000, cinquante en 2004, cinquante-deux en 2008 et, enfin, cinquante-trois en 2012.
Un écart qui ne cesse de se creuser
Parmi les cinquante-trois postulants à l’Euro 2012, tous ne sont pas logés à la même enseigne.
Ils sont sept pays (Allemagne, Espagne, Pays Bas, Angleterre, Danemark, France, Italie) à avoir participé à, au moins, sept éditions du Championnat d’Europe des Nations (sur quatorze possibles). Ce sont les grands d’Europe. Depuis 1996 et le passage à seize qualifiés pour le tournoi final, les éliminatoires ne sont plus qu’une simple formalité pour eux. Seul deux pays du « club des sept » ont manqué un Euro depuis 1996 : l’Angleterre et le Danemark, tous deux en 2008. Ils sont même quatre à avoir réussi la performance, dans des éliminatoires de plus en plus longs, de remporter tous leurs matchs : le République Tchèque (2000), la France (2004), l’Allemagne (2012) et l’Espagne (2012).
A l’autre extrémité du classement, là aussi l’écart se creuse : contrairement à une idée reçue qui veut qu’il n’y ait plus de petites équipes, les petites nations européennes sont de plus en plus faibles. Sur les cinquante-trois engagés dans les derniers éliminatoires, huit ont engrangé moins de cinq points, quatre ont terminé sans la moindre victoire et Andorre et Saint Marin ont même réussi l’exploit – en dix rencontres – de ne pas récolter le moindre point !
Vers une nouvelle formule ?
Alors quel est le véritable intérêt de proposer à chaque grand d’Europe une dizaine de matchs indigestes face à des adversaires qui ne sont pas nécessairement professionnels et sur des terrains qui n’en ont parfois que le nom ? Ces matchs viennent s’ajouter aux nombreuses rencontres disputées par les joueurs avec leur club. De plus, en 2016, l’UEFA élargit la phase finale de l’Euro et ce ne seront pas moins de vingt-quatre équipes qui disputeront le tournoi final. Comparés aux cinquante-trois fédérations affiliées à l’UEFA, cela fait presque une sélection qualifiée sur deux. Le format actuel des éliminatoires semble avoir suffisamment vécu !
Michel Platini a ainsi proposé de réformer le système des éliminatoires de l’Euro. Pour distribuer les vingt-trois (la France, pays organisateur, est qualifiée d’office) billets pour 2016, l’ancien stratège de la Juventus propose des éliminatoires en deux temps. Première phase, treize groupes de quatre équipes, les premiers étant directement qualifiés pour l’Euro. Les autres intègrent une seconde phase : neuf groupes de quatre équipes, un groupe de trois et les premiers sont à nouveau qualifiés. Pendant ce temps-là, les grands d’Europe (qualifiés lors de la première phase) s’affrontent lors d’une compétition non officielle l’année précédant l’Euro.
La nouvelle formule proposée par Michel Platini comporte de nombreux avantages. Tout d’abord, les sélections nationales nécessiteront moins de dates, les joueurs seront donc moins sollicités, ce qui devrait ravir les clubs. Ensuite, l’année précédant l’Euro, l’affrontement de grandes équipes (à la manière des test-matchs au rugby) devrait offrir un spectacle de qualité qui pourrait séduire les diffuseurs. Cette réforme semble aller dans le bon sens, donc, mais n’en ait pour le moment qu’au stade de la réflexion. Une affaire à suivre.








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