Une légende à Limoges
"Le Dragon", légende grecque, débarque à Limoges, club historique du basket français afin de redorer son blason au plus vite
- Par B. Chambard
- Lundi 09 juillet
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Quand le CSP a officialisé son retour au sein de l’élite du basket français, les fans des verts et blancs ont espéré ne pas revivre la même saison ratée que lors de la dernière montée du club. Mais quand en plus, Frédéric Sarre, le coach qui a permis à Limoges de remonter cette année, a annoncé qu’il quittait le club pour rejoindre Bourg-en-Bresse, l’inquiétude pouvait poindre à nouveau le bout de son nez dans le Limousin. Ce que supporters et fans de basket ne savaient pas, c’est la carte qu’allait abattre Fred Forte, le président du CSP et ancien grand joueur du club. Car c’est une star qui vient pour coacher la plus grande équipe de l’histoire du basket français, en la personne de Panagiotis Giannakis (ou Panayótis Yannákis) le Grec.
Gianna qui ?
Très vite passé au basket après avoir essayé le football, Giannakis a montré tout de suite des dispositions pour ce sport. Alors qu’il joue à Ionikos, il devient le 6ème joueur grec drafté en NBA à la 207ème place par les Boston Celtics (la draft comportait plus de deux tours à cette époque). Néanmoins, il ne foulera jamais les parquets de la Ligue américaine. Il intègre la sélection nationale à 17 ans et est transféré à l’Aris Salonique où il va former avec Nick Galis une paire d’arrières qui va faire mal pendant de nombreuses années à travers l’Europe : 6 championnats consécutifs, 5 coupes de Grèce, l’Euroligue 1996 à Paris avec le Pana, vainqueur du championnat d’Europe des nations en 1987 et vice-champion en 1989, il est également présent au Hall of Fame européen des basketteurs. Il aura participé à 5 Final Four européens au cours de sa carrière.
Mais la réputation du joueur a été renforcée par ce qu’il a pu réaliser en tant qu’entraîneur. Retraité des terrains juste après avoir participé aux JO d’Atlanta en 1996, il devient directement coach de l’équipe nationale en 1997. En 2 saisons, il amène la Grèce à deux 4èmes places, à l’Eurobasket et aux championnats du Monde. Il devient par la suite coach de Panionios, puis de Maroussi qu’il va transformer en un club important alors qu’il était méconnu au moment de sa prise de fonction. Donnant les pleins pouvoirs au meneur Spanoulis en qui il se reconnait, son club va devenir la 3ème force du championnat grec.
Parallèlement et dès 2004, il va reprendre en mains l’équipe nationale au moment des JO. La Grèce finit 5ème, mais dès la compétition suivante, la victoire est au bout de l’Eurobasket 2005, pour la seconde fois de l’histoire du basket hellénique. Décidant de se concentrer sur la sélection, il abandonne son poste à Maroussi avec les championnats du Monde FIBA pour objectif. La Grèce réussit l’exploit de battre les USA en ½ finale pour la première fois de son histoire mais est battue en finale par l’Espagne, se cassant les dents sur la défense ibérique (31% d’adresse aux shoots) sans jamais trouver la faille.
En 2008, il reprend la double casquette en prenant en main la destinée de l’Olympiakos en plus de celle de la sélection nationale qu’il abandonne en fin d’année, au terme de son mandat. Sous sa houlette, l’Olympiakos retrouve des couleurs en gagnant son premier trophée depuis 8 ans (la coupe de Grèce) puis en atteignant deux fois le Final Four européen de l’Euroligue.
Comment est-il arrivé à Limoges ?
Voir débarquer un coach avec un tel pedigree chez un promu est une chose tout à fait atypique. Mais Limoges n’est pas n’importe quel promu : 9 fois champion de France, 6 coupes de France, 3 coupes Korac, une Coupe des Vainqueurs de Coupe et une Coupe d’Europe des Clubs Champions reflètent l’aura nationale et internationale du club limousin.
Frédéric Forte avait déjà tout fait il y a quelques années pour avoir Giannakis à la tête de l’équipe de France lorsqu’il en était le délégué fédéral. L’affaire ne s’était finalement pas faite mais le président limougeaud avait toujours cet espoir de travailler avec le technicien hellène dans un coin de sa tête. Depuis l’annonce du départ de Frédéric Sarre, il avait renoué les contacts avec « le Dragon » qu’il a finalement réussi à avoir à l’usure pour l’amener à prendre en main le CSP.
Très dur sur le terrain, très exigeant envers lui-même et ses coéquipiers en tant que joueur, ses caractéristiques (qualités et défauts) ont continué à exister quand il est passé sur le banc. Les joueurs limougeauds sont prévenus : travail et intensité seront au programme de la reprise. Et Giannakis, habitué aux chaudes ambiances des salles grecques, ne devrait pas être trop dépaysé dans le chaudron de Beaublanc. Deux atouts majeurs pour ce promu limougeaud qui n’est définitivement pas comme les autres.







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