A Rome, enfin la bonne année ?

Au sortir d’une expérience espagnole très décevante conclue à la septième place du championnat, la Roma aborde, à nouveau, la prochaine saison pleine d’espoir, de jeunesse et d’envie de revanche. Mais avec le retour de Zeman sur le banc, la Capitale se mettrait presque à y croire pour de bon, et à rêver de sommets.

La saison dernière n’a pas été de tout repos du côté de Trigoria. En effet, la Roma a enchaîné les tuiles et les mauvaises performances : longue blessure de Burdisso, une défense Heinze-Juan vieillissante, un Kjaer pas rassurant, des latéraux qui ne redescendaient pas, une inconstance criante (l’équipe était capable de battre l’Inter 4-0 et de perdre à Sienne la semaine suivante), une élimination précoce en Europa League contre une faible équipe du Slovan Bratislava, Totti qui commence à ressentir le poids des années ou encore Bojan et Osvaldo moyennement efficaces. Au moment de faire les comptes, la Roma se classe 7ème et ne jouera donc pas l’Europe cette année. Une première depuis 1997. Mais surtout, elle affiche deux défaites face à la Lazio et termine derrière son ennemi juré. Et ça, c’est difficile à avaler pour tout supporter giallorosso.

Pour oublier une telle année, il fallait un électrochoc. Et celui-ci est arrivé avec la nomination au poste d’entraineur de Zdenek Zeman, entraîneur tchèque méconnu en France mais idolâtré dans la ville éternelle. En cause, le fait qu’il soit déjà passé par la maison, contribuant à la maturation du Capitano Totti, dans les années 90. Mais surtout, l’état d’esprit de l’entraineur, qui ne quitte jamais ses cigarettes. Le Mister applique à l’extrême le dicton « la meilleure défense est l’attaque ». Sur le terrain comme en dehors, où il n’a pas hésité à attaquer la Juve pour dénoncer le dopage ou le Calciopoli. Une mentalité qui correspond bien à cette ville et au grain de folie qui la caractérise : à Rome on joue bien mais on ne gagne pas souvent… Mais cela rend la victoire encore plus belle (à ce propos, Totti avait déclaré qu’un Scudetto à Rome en valait 10 ailleurs).

Accueilli en héros le jour de sa présentation, Zeman a provoqué une vague d’abonnements (passant de 18000 à 23000), chose inespérée après l’une des pires saisons du club sur les 20 dernières années. La mentalité qui le sied a porté ses fruits l’an dernier, sur le banc de Pescara qu’il a mené au titre en Serie B. Le club retrouvera la première division après 19 ans d’absence. Une mentalité qui aura également réussi à révéler les prodiges Insigne, Immobile et Verratti. Car la jeunesse est aussi un élément essentiel dans les équipes de Zeman. A ce titre, les arrivées de Florenzi, Tachtsidis, Destro, Piris et Dodo (sans oublier celle de l’Uruguayen Lopez en janvier dernier, avant l’intronisation de Zeman donc) ne servent pas seulement à assurer l’avenir. On risque de voir ces jeunes à l’œuvre dès cette saison, à l’instar d’Insigne qui pourrait enflammer les pelouses transalpines sous le maillot du Napoli. Une bonne chose pour le championnat italien, qui hésite trop souvent à faire confiance aux joueurs de moins de 25 ans.

Zeman, c’est aussi un jeu rapide sur les ailes (assuré par la signature de Balzaretti), un système fétiche auquel il croit dur comme fer (4-3-3), une préparation ultra-physique et du spectacle sur la pelouse. Un choix qui correspond à la volonté des nouveaux propriétaires américains d’attirer les supporters en développant un jeu léché. Logique aussi, l’arrivée de Bradley, porte-drapeau et symbole de l’américanisation du club, marqué également par le déploiement du merchandising (les clubs italiens ont en général un certain retard dans ce domaine) et la tournée aux USA qui s’est achevée récemment. Un nouveau départ pour le pays de l’oncle Sam est prévu lors de la trêve hivernale.

Le club de la capitale n’a connu qu’un départ vraiment conséquent cet été : celui de Borini, que Zeman ne voyait pas dans son schéma de jeu. Mis à part l’Italien, José Angel n’a pas convaincu et part en prêt du côté de San Sebastian (Real Sociedad). Greco s’en va en Grèce (ça ne s’invente pas), Heinze, Juan, Cassetti, Cicinho et Simplicio sont partis libres alors que Kjaer n’a pas été conservé après un prêt peu concluant. Malgré une saison plutôt satisfaisante, Gago n’a lui non plus pas été conservé et s’est engagé pour 4 ans avec le club de Valence.

A quoi s’attendre sur le terrain alors ?

Dans les cages, Stekelenburg conservera selon toute vraisemblance son poste, avec Lobont comme doublure. En défense, seul Burdisso devrait survivre et il formera sûrement la paire de centraux avec le brésilien Castan ; sur les ailes, Piris et Balzaretti tiennent la corde, Dodo restant une alternative crédible.

Au milieu, De Rossi devra assumer son rôle de patron après un Euro brillant. Il sera associé à Pjanic, très bon l’an dernier avant de fléchir en deuxième partie de saison et probablement Bradley qui, à l’image de De Rossi, apportera sa combativité au milieu. A noter également la présence de Marquinho, auteur d’une bonne moitié de saison l’an dernier, du jeune Tachtsidis, priorité de Zeman et qui a montré de très belles choses en matchs de préparation (malgré un carton rouge pour un geste d’humeur) et de Florenzi, de retour d’un prêt à Crotone.

Devant, Lamela devrait s’affirmer cette saison et justifier son couteux transfert de la saison passée. Totti a encore de la classe à revendre et est toujours capable de débloquer une partie à tout moment. En pointe, Destro sera attendu au tournant et pourrait bien devenir la nouvelle coqueluche de la Curva Sud sous la houlette de Zeman. Bojan, Lopez et Osvaldo complètent un secteur offensif séduisant.

A côté de clubs milanais souffrants et d’une Lazio stagnante et qui a perdu son entraineur Edy Reja, la Roma semble séduisante. Restent la régulière Udinese, la force offensive napolitaine et l’ogre turinois. Un ogre qui pourrait bien être affaibli par les remous du Calcioscommesse. Alors quelle place pour cette Roma ? La qualification en Ligue des Champions semble être un objectif raisonnable, bien que devenu plus compliqué avec la réduction des places européennes accordées à l’Italie. Mais à Rome plus qu’ailleurs, on rêve de grandeur. En tant que pur romain, De Rossi se doit bien de ramener un Scudetto à son club de toujours. Et Totti se verrait bien être le premier à gagner deux fois la Serie A sous le maillot giallorosso. Une idée de cadeau d’adieux à creuser…

Composition type probable (4-3-3) : Stekelenburg ; PIRIS-Burdisso-CASTAN-BALZARETTI ; BRADLEY-De Rossi-Pjanic ; Lamela-Totti-DESTRO (en majuscule, les recrues).

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Etudiant, amateur de ballon rond et amoureux de l'Italie, je m’intéresse également au cyclisme.

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