Antonio Cassano, le joyau du Vieux Bari

unatique, colérique mais incontestablement talentueux. La personnalité d’Antonio Cassano est aussi insaisissable que ses arabesques sur la pelouse

Tour à tour brillant, fantasque et excentrique, Cassano est capable d’enchanter la balle avant de totalement dégoupiller. Victime d’un AVC en octobre dernier, FantAntonio est déjà de retour sur le terrain avec, en ligne de mire, l’Euro en PolUkraine. Portrait d’un génie incompris.

La faim avec un grand F

Antonio Cassano est un enfant des Pouilles, une des régions les plus pauvres d’Italie. Né le 12 juillet 1982, le lendemain de la victoire de la Nazionale lors du Mundial espagnol, Cassano grandit à Bari sans père. Sa mère connaît les pires difficultés pour faire bouillir la marmite. Mais si l’enfance d’Antonio n’est pas une sinécure, le gamin a de l’or dans les pieds. Heureusement d’ailleurs car, de son propre aveu, il serait devenu délinquant : « J’ai connu une enfance très difficile où j’étais très pauvre. Mais en même temps, je ne travaillais pas. Tout simplement parce que je ne sais rien faire. Je l’admets ». Après avoir effectué ses gammes à la Pro Inter, il rejoint l’AS Bari et, à un peu plus de 17 ans, Eugenio Fascetti le lance en Serie A, contre Lecce (défaite 1-0). La semaine suivante, Cassano inscrit un but exceptionnel face à l’Inter où, après avoir amorti d’une aile de pigeon une passe de 50m, il se paye Laurent Blanc et Christian Panucci avant de faire trembler les filets. Et de crier au public « ça y est, je suis riche ! ». 49 matches pour 6 buts en deux saisons, un chèque de 28 millions d’euros et Antonio prend le chemin de la Roma, à seulement 19 ans.

Grand ami de Francesco Totti

A croire que les génies se reconnaissent au premier coup d’œil. Chez les Giallorossi, Francesco Totti et FantAntonio s’entendent comme larrons en foire. Sous le maillot de la Louve, les compères enquillent les buts et rendent folles toutes les défenses de la Botte. Au vrai, il n’est guère surprenant que le duo détonne. A l’image de son cadet, Totti reste avant tout un fuoriclasse qui aurait pu, dû, atteindre les sommets du football mondial, à la Roma ou ailleurs, tant sa classe irradiait les pelouses. Mais son côté dilettante a parfois trop pris le dessus. Ce n’est peut-être pas plus mal finalement. En quatre saisons, les duettistes plantent à 39 reprises en 118 matches joués ensemble sur le front de l’attaque. L’histoire était belle mais, à cause des relations tendues avec ses entraîneurs, Cassano quitte la Ville Eternelle et choisit l’exil, direction le Real Madrid. Une destination surprenante et qui ne fut pas couronné de succès tant la personnalité de l’enfant de Bari ne correspond pas à l’ambiance feutrée merengue en dépit du soutien de Raul, taulier du vestiaire de la Casa Blanca.

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