Lugano, premier transformé ?

Souvent pointé du doigt pour ses mauvaises performances depuis son arrivée à Paris, Diego Lugano être l'un des premiers joueurs à tirer profit de l'arrivée de Carlo Ancelotti au PSG. Explications.

Trop lent pour la L1, souvent mal placé, Diego Lugano a vécu six premiers mois très compliqués au Paris Saint-Germain. Débarqué dans la capitale en fin de mercato contre 3.5 millions d’euros, l’Uruguayen est rapidement devenu la cible favorite des spécialistes.

Il faut dire que ses prestations n’étaient pas convaincantes, loin de là. Souvent averti (cinq cartons récoltés sur les six premières rencontres disputées), Lugano était aussi responsable de plusieurs buts présentés comme “évitables” pour la défense parisienne. Son match de Coupe de la Ligue face à Dijon (défaite 3-2 des Parisiens) a scellé une première fois son cas : il n’a plus joué pendant un mois, devancé dans la hiérarchie des défenseurs par Zoumana Camara puis par Milan Bisevac revenu de blessure. Il fera son retour un mois plus tard lors du choc face à l’OM. Là encore, sa lenteur lui fera défaut face à Rémy ou Amalfitano. Ce sera d’ailleurs son dernier match de championnat sous l’ère Kombouaré. Il apparaîtra une dernière fois en 2011 en Ligue Europa, lors de la dernière journée et une victoire -pour l’honneur- face à l’Athletic Bilbao (4-2).

Ne pas réussir à s’imposer dans ce PSG-là fait-il de Lugano un mauvais défenseur ? Son passé ne plaide pas dans ce sens. Un simple coup d’oeil sur son importance et ses performances au sein du 4-2-3-1 de la Celeste, meilleure sélection sud-américaine du moment, suffit pour s’en persuader.

Imprenable (ou presque) avec l’Uruguay, Lugano serait donc devenu passoire avec le PSG, doté pourtant de la même organisation de jeu ? Un élément tactique bien précis permet de l’expliquer. L’Uruguay évolue avec un bloc très bas, habitué à exploser en contre sous l’impulsion de Forlan et Suarez, accompagnés ensuite par les joueurs de couloir. Dans l’axe, Lugano se retrouve ainsi toujours protégé par la paire de milieux défensifs (Arevalo Rios – Diego Perez). A l’inverse, le PSG de Kombouaré demandait souvent à l’un des deux milieux axiaux (Bodmer en l’occurence) de créer le surnombre et soutenir le quatuor offensif. Ce déplacement libère automatiquement des espaces entre les lignes pour les attaquants adverses, obligeant ainsi les stoppeurs, dont Lugano, à sortir de la ligne de défense pour combler ces brèches à hauteur du milieu parisien. Ce travail demande une grande capacité de réaction et d’accélération aux défenseurs, deux qualités qui ne sont pas premières chez Lugano.

Avec l’arrivée de Carlo Ancelotti et l’instauration du 4-3-2-1, la donne a considérablement changé pour l’Uruguayen. Désormais, le système de jeu demande d’abord aux latéraux de dépasser leurs fonctions pour soutenir les attaquants et la construction. Sur les premières rencontres disputées, un milieu de terrain apportait ensuite son soutien aux attaques parisiennes (Jallet). Les deux autres restant en retrait, ils protègent constamment Lugano et l’autre défenseur central, qui n’ont plus qu’à couvrir la profondeur et les attaques qui pourraient partir dans le dos des latéraux. Des situations qui ne se jouent plus sur l’explosivité mais sur le sens du placement et de l’anticipation, des qualités qui correspondent plus à celles de Lugano justement.

Au-delà de sa grande expérience du haut niveau -international-, il n’est donc pas étonnant de voir l’Uruguayen remonter en flèche dans la hiérarchie des défenseurs centraux parisiens depuis l’arrivée du nouvel entraîneur. Buteur sauveur à Locminé, il a été des deux matchs de championnat disputés et remportés par le PSG en janvier, n’étant mis au repos que lors du déplacement à Sablé. Le replacement -temporaire ?- de Milan Bisevac côté droit lui a aussi certainement facilité la tâche… Mais il ne faut pas oublier que tout le monde est reparti de zéro avec l’arrivée de Carlo Ancelotti et que Mamadou Sakho n’est peut-être plus aussi inamovible qu’en début de saison.

L’arrivée d’Alex, joueur assez similaire à Lugano au final, peut emmener à poser la question suivante : vient-il tout simplement concurrencer, voire remplacer, l’Uruguayen à moyen terme ou Carlo Ancelotti espère t-il associer les deux afin d’avoir un duo rompu au plus haut niveau ? Duo qui serait toujours bien protégé par un milieu de terrain désormais plus densifié avec l’arrivée de Thiago Motta ? Au-delà du cas des deux Sud-Américains, la réponse a cette question réglera sans doute aussi l’avenir proche de Mamadou Sakho. Une affaire à suivre de près jusqu’au mois de mai…

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