Alea jacta Est
Après le retrait de Nancy, aucune ville du grand Est de la France n'accueillera l'Euro 2016. Explications.
Comme en 1998, en fonction de là où il habite, un fan de foot de l’Est de la France devra faire plus de 400 kilomètres pour voir un match de l’Euro. Difficile à comprendre mais ce sera sera le prix à payer. En voici les raisons.
Des historiques de la L1 ont disparu de la circulation
Commençons par Strasbourg, le club de la capitale européenne évolue désormais en CFA2. Les dirigeants du Racing ont bien essayé de monter un projet pour accueillir la compétition mais évidemment en vain. Bien que cette saison la barre des 10 000 spectateurs ait été dépassée pour la réception de Schiltigheim (un record !), une formation évoluant à ce niveau n’a pas les moyens d’assumer la rénovation d’un stade de 30 000 places. Surtout, la Meinau n’avait pas accueilli la Coupe du Monde 98 et les travaux auraient été bien trop importants.
Le FC Metz, 57 saisons au plus haut niveau, est descendu lors de la saison 2007/2008 et connaît depuis les bonheurs de jouer les vendredis et lundis soirs. Le club qui a formé tant de grands joueurs (Robert Pirès et Emmanuel Adebayor pour ne citer qu’eux) espère évidemment remonter au plus vite. Tout comme deux autres anciens pensionnaires de la L1 que sont Sedan et Troyes.
Sur les 20 dernières années, Mulhouse (CFA) et Gueugnon (DH), ont également foulé les pelouses de l’élite mais sont aujourd’hui très loin d’un retour.
Taux de remplissage des stades en baisse
Depuis la saison 2008/2009, Auxerre, Sochaux et Nancy évoluent en Ligue 1 et tous trois ont un taux de fréquentation du stade en baisse régulière. Dijon complète depuis cette année le tableau et bénéficie sûrement de la fameuse euphorie de la montée (voir tableau ci-dessous).

La crise semble être passé par là, la dégradation de l’image du foot aussi. On aurait pu penser que la qualité de jeu affichée par Sochaux l’an dernier (cinquième place) aurait davantage attiré le public mais il n’en fut rien. Auxerre, bien que troisième à l’issue de la saison 2009/2010, en a profité très légèrement mais dans des proportions minimes.
Pourtant, Marcel-Picot et Bonal sont des stades plutôt agréables et totalement fermés. Dommage que notre culture française ne s’inspire pas plus de celle des Allemands qui créent de véritables pôles de loisirs avec magasins et cinémas à proximité du stade. L’expérience 2016 devrait nous permettre de changer ces mœurs.
Budgets en dessous de la moyenne
Les stades étant, bien souvent et pour la plus grosse partie, financés par les différentes collectivités locales, la raison économique entre également en jeu. Les politiques peinent à convaincre le contribuable, quand ils doivent leur rappeler toute la journée que les caisses sont vides.
Mais aussi, les clubs de l’Orient français présentent des budgets inférieurs à la moyenne de la Ligue 1 qui se situe à 57,45 millions d’euros. En effet, Sochaux et Auxerre disposent d’un budget de 40 M€, Nancy de 38 M€ et Dijon 20 M€. Seuls Toulouse, Nice et Montpellier avec des budgets comparables sont parvenus à devenir ville hôte de l’Euro 2016.
Pour Sochaux et Auxerre, le faible nombre d’habitants des deux villes et des zones environnantes peut expliquer qu’aucun dossier n’ait été déposé lors des demandes de candidature.
Mais ouf ! Le TGV Est est arrivé et la route sera moins fatigante jusqu’à Paris ou Lyon !







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