5 bonnes raisons de regarder la fin du Tour de France 2012 (ou pas)
Le Tour n'est certainement pas fini. En cherchant bien, on peut encore y trouver du plaisir. La preuve...
1. La défaillance de Bradley Wiggins sur les Champs
Après un parcours sans faute durant trois semaines, Wiggins s’élance avec l’Arc de Triomphe en ligne de mire, le sourire accroché aux lèvres. Après un début d’étape jovial passé à siroter des coupes de champagne avec tous les directeurs sportifs, à serrer les mains de ses sympathiques adversaires et à prendre des photographies ridicules avec des rapporteurs de bidons qui pourront dire « j’y étais », Wiggins, sûr de son fait, place une attaque à quatre tours de l’arrivée. Fatigué de sa tournée des bars de Rambouillet avec son garde du corps Froome, la tronche dans les pavés, le Britannique fait la fringale du siècle au bout de la deuxième montée. Planté juste en face du MacDo des Champs, il voit le peloton l’enrhumer à 70 à l’heure avec un Nibali déchaîné à sa tête, comprenant d’un coup d’un seul qu’il vient de gagner le Tour. Et pour cause : pour ne pas déplaire au sponsor, Froome a décidé d’épauler jusqu’au bout son leader, et s’arrête avec lui se taper un Big Mac. « Ca va te refaire la cerise », aurait-il glissé à l’oreille du grand Wiggo.
2. L’attaque victorieuse de Sylvain Chavanel dans les Pyrénées
Chavanel, malgré son abandon sur la quinzième étape, fait le forcing auprès de Christian Prudhomme pour réintégrer le Tour sur la dernière étape pyrénéenne, exhumant du règlement d’Amaury Sport Organisation une clause cachée permettant aux commissaires de course d’accorder une wild-card à un coureur par étape, façon circuit ATP. Pas rancunier envers les routes du Tour malgré ce qu’elles lui ont fait subir ces dernières années, « Chava » attaque à fond dès le premier kilomètre, accélère dans le Port de Balès et finit à bloc dans l’ascension de Peyragudes. Il gagne l’étape, en laissant Bernhard Eisel, le poisson pilote de Cavendish sur les sprints, et Christian Knees, un autre équipier de Wiggins, à deux minutes. Ce dernier aurait déclaré « cette attaque a été ma plus grande crainte du Tour, heureusement que j’avais mes sprinteurs pour cadenasser tout cela ».
3. La reprise d’activité de Bjarne Riis
Excédé à l’idée de voir Chris Anker Sorensen dodeliner de la tête pendant 120 bornes pour finir huitième de l’étape à quatre minutes du vainqueur (Voeckler, par exemple), le vainqueur dit « sous EPO » du Tour 1996 prend la place de son coureur pour le contre-la-montre de Chartres. Remonté comme un Cancellara suisse et dopé (seulement) à l’adrénaline (examens des échantillons en cours), le manager de la Saxo Bank remporte l’étape devant Jérôme Coppel qui a monté pour l’occasion, en plus du fameux plateau des Sky, des roues ovoïdes au rendement exceptionnel. Malheureusement, Bernard Hinault découvre le pot aux roses au moment de claquer la bise à Riis. Pas mauvais perdant, le Danois accepte la suspension rétroactive de deux ans infligée par le Tribunal Arbitral du Sport à Sorensen (bah oui, c’était son dossard), le privant de toutes ses victoires depuis 2010 (un classement de la montagne au Tour de Romandie et au Tour de Catalogne, quand même). Puisqu’il a retrouvé son médecin de famille, le grand Bjarne annonce dans la foulée qu’il sera au départ en 2013 pour battre Chris Froome et son lieutenant Wiggins.
4. Thomas Voeckler remporte le maillot vert
Pas rassasié par son maillot à pois, Thomas, toujours joueur, demande à Peter Sagan s’il est prêt à miser à quitte ou double son paletot vert sur l’arrivée des Champs. Sûr de son fait, le Slovaque le prend au mot. Et patatras : en tête au 100 mètres sur la plus belle avenue du monde, Sagan décide de chambrer ses camarades en exécutant une magnifique roue avant. Bien planqué dans la roue de son train vert (Pierre Rolland et Christophe Kern, NDLA), Ti-Blanc / Jaune / à pois et bientôt vert le saute sur la ligne, le visage tuméfié par l’effort. Sur le podium où on lui remet son maillot vert à pois rouge, le chouchou des Français aurait chaleureusement remercié Anthony Charteau pour lui avoir soufflé dans l’oreillette la désormais fameuse phrase « t’es le Cavendish français, Toto, saute-moi le Slovaque sur la ligne ».
5. Thierry Adam se retire du vélo
Ecœuré par trois semaines de Bradley Wiggins, de Richie Porte, de Chris Froome, de Christian Knees, de Michael Rogers, de Mark Cavendish, et d’Edvald Boasson Hagen (oui, c’est long la Sky) et par l’intégrale en allumettes des cathédrales gothiques du XIIème siècle offerte par Jean-Paul Ollivier, Thierry Adam craque en direct. A vingt bornes de l’arrivée à Brive-la-Gaillarde, il coupe la parole à Laurent Jalabert, pourtant lancé sur une longue tirade sur l’éthique du cyclisme, pour annoncer qu’il quitte France Télévisions pour commenter les épreuves régionales de barrel racing, la renommée discipline western équestre, sur Direct 8. Toujours prêt à rendre service, Stéphane Heulot lui fait une contre-proposition pour intégrer le staff de Saur-Sojasun comme « stratège en chef ». Personne n’a de nouvelles de Thierry depuis cette date.








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